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C'était le 20 avril 1945Il est des dates qu'on ne peut pas, qu'il ne faut pas oublier. Le 20 avril 1945, les derniers blockhaus de la forteresse allemande du Nord-Médoc rendent les armes. La pointe du Médoc est libérée. On fête cette année le 60ème anniversaire de cette libération.
« Je n'admettrais pas que des unités allemandes puissent jusqu'à la fin rester intactes sur le sol français et nous narguer derrière leurs remparts », avait déclaré le Général de Gaulle. Vendredi 20 avril 1945, aux alentours de 20 heures, le dernier des blockhaus qui formaient la forteresse allemande du Nord Médoc est pris d'assaut par l'infanterie constituée par les Forces françaises de l'intérieur (FFI), appuyée par un escadron de chars du 13ème Dragons et une flotille du Groupe aéronaval français. Après ce dernier coup de rein des troupes amalgamées par le colonel Milleret (connu dans la résistance sous le nom de Carnot, du nom de la brigade qu'il créa en 1944), les combats de la Pointe de Grave prenaient fin. C'était l'épilogue de l'opération Médoc lancée le 14 avril de la même année.
Avant l'attaque proprement dite, le général Larminat écrit dans les ordres du jour : « Le moment est venu de faire sauter la forteresse ennemie de Royan-Graves (…) L'ennemi est solidement retranché et puissamment armé. Tout porte à croire qu'il se défendra courageusement. Soldats FFI du Front de l'Atlantique, votre heure est venue. Vous vous battrez pour libérer un coin de notre sol. Mais vous vous battrez surtout pour dégager le port de Bordeaux indispensable à nos importations pour que les Français mangent à leur faim l'hiver prochain. » > Samedi 14 avril, alors que les troupes sont à la fois impatientes et tremblantes d'en découdre avec un ennemi puissamment armé, des avions décollent de Cognac avec pour objectif de neutraliser les défenses allemandes sur les ponts du Guâ, de la Traverse, de La Brède et de Montalivet. Le lendemain, c'est la Marine qui entre en action en pilonnant le Mur de l'atlantique tandis que l'aviation s'occupe des blockhaus de la cote 40 et de ceux situés au sud de l'Hôpital. À terre, l'infanterie gagne du terrain, mais à quel prix ! Accompagnant des hommes du régiment du Lot, le correspondant de guerre Henry Amouroux écrit dans Sud-Ouest : « Et soudain, je m'étais trouvé devant Mayan en pleine action. Il pouvait être 8 heures ; quelques hommes du capitaine André de Gaudusson (2ème régiment du Lot) avaient franchi durant la nuit les marais qui les séparaient des Allemands et ayant conquis trois blockhaus, les défendaient désespérément. Désespérément, car nous, de l'autre rive, étions empêchés de les ravitailler. À peine une barque partait-elle chargée d'hommes et de munitions, que les 88 la prenaient en chasse, l'obligeant à revenir à son point de départ et bombardant copieusement par la suite nos avant-postes ». > « Couché près de ces hommes, poursuit-il, qui savaient que leurs camarades livraient, à 500 mètres d'eux, un suprême combat, j'ai partagé pendant des heures leurs angoisses. Leurs angoisses et leur douleur lorsque, précédé de la Croix-Rouge, il en revenait quelqu'un étendu, livide et souffrant sur son brancard. » À la fin de la journée du 16, Montalivet, Grayan, Talais et Saint-Vivien sont repris à l'ennemi. Suivront au cours des trois journées suivantes, la prise de l'Amélie, de l'aérodrome de Grayan-Lilhan, de Soulac-sur-mer puis du Verdon. Arrive le jour de l'assaut final contre les derniers blockhaus. Ce jour du 20 avril 1945, l'araignée noire (croix gammée nazie) est attaquée en trois points après que Le Verdon a été pris par un bataillon du 131e RI. Par l'ouest, le 1er bataillon de la 8ème RI a pour mission de s'emparer du fort du Verdon en s'infiltrant de nuit. À l'est, le fossé antichars des Huttes est franchi. Au centre, le 132ème RI et un bataillon du 8ème RI s'attaquent au puissant ouvrage du Verrier-Saint-Nicolas. Voici les derniers messages transmis à destination de l'Allemagne par la base de détection aérienne Vogel ( littéralement « l'Oiseau ») : 18 h 40, l'ennemi s'approche de notre groupe de blockhaus. Ça ne va pas durer longtemps. Nous allons faire sauter les appareils ; 18 h 45, ennemi devant le blockhaus. Nous sautons. Vive l'Allemagne… Vive le Führer… Les commémorations du 60ème anniversaire de la libération de la pointe de Grave sont là pour rappeler que cette libération s'est faite au prix de sacrifices humains. À l'hiver 1945, un millier de ces combattants n'ont pas rejoint leurs foyers. Source : « Le Front du Médoc. Une brigade FFI au combat. », Fédération des associations d'anciens combattants du Front du Médoc et de la brigade Carnot Lu 2254 fois
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