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Du casoar à la tourterelleNouveau patron de la compagnie de gendarmerie du Médoc, le commandant Jean-Guillaume Remy a pris ses fonctions mercredi.
Les murs et la bibliothèque du bureau sont encore vides d'affaires et de souvenirs personnels. Et derrière le fauteuil du patron, dans son cadre, c'est encore Jacques Chirac qui accueille les visiteurs dans sa posture un peu raide de président de la République. Jean-Guillaume Remy, nouveau commandant de la compagnie de gendarmerie du Médoc, est en pleine phase d'installation. Le successeur du commandant Pascal Garerès a pris officiellement ses fonctions le 1er août. Il était jusqu'alors affecté à l'escadron de gendarmerie mobile de Belley, dans l'Ain.
L'oeil est clair, le regard perçant, la poignée de main franche et l'abord direct. A 33 ans, Jean-Guillaume Remy est un militaire de carrière qui s'affiche sans complexe. Une enfance et une adolescence passées à Rouen, où son père mène une carrière de médecin, doublée d'un parcours politique local. Puis rapidement, le choix d'embrasser la carrière des armes. « A la fois par sens du service public et la volonté de l'action, dans le sens où l'on peut voir concrètement le résultat d'une action que l'on a initiée », précise-t-il. > Deux ans de préparation au lycée Henri IV à Paris, puis trois ans à la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan - Jean-Guillaume Remy est ainsi le premier porteur de casoar a dirigie la compagnie du Médoc - le conduisent tout droit dans l'armée de Terre, section cavalerie, au 1er/11ème régiment de cuirassiers, basé à Carpiagne, dans les Bouches-du-Rhône. Il y servira quatre ans, avec, notamment, deux interventions marquantes au Kosovo, sous l'égide de l'O.N.U., en 2000 et 2001, dans des opérations de restauration, puis de maintien de la paix. En 2002, changement d'orientation dans la carrière du capitaine Remy. « Après avoir servi à l'étranger, explique-t-il, je me suis dit que ma vocation pouvait et devait s'appliquer d'abord auprès de mes compatriotes, d'où mon désir d'entrée dans la gendarmerie. » Il intègre donc logiquement l'école des officiers de la gendarmerie nationale de Melun, où il fait la connaissance, parmi ses instructeurs, d'un certain… Pascal Garerès. Puis il est affecté à l'escadron de gendarmerie mobile de Belley, pour des opérations classiques de maintien de l'ordre en métropole et outre-mer. « Après la mobile, je voulais goûter à la gendarmerie territoriale », poursuit-il. La Gironde, qu'il ne connaissait pas, l'attirait. Il cherchait en outre une compagnie à activité forte et variée, en même temps qu'un peu éloigné du chef-lieu de département. Lesparre et le Médoc semblent correspondre en tout à point à cette définition et c'est donc un commandant - il a été nommé à ce grade en mai dernier - heureux qui a posé cartons et valises au coeur de la presqu'île, avec toute sa petite famille, Anne, son épouse, et ses trois jeunes enfants, Oscar, Gustave et Louise, la petite dernière. > Le programme du commandant Remy pour le mois d'août semble tout tracé, entre les visites à toutes les unités sur le terrain et les prises de contact progressives avec les principaux acteurs locaux, à commencer par les élus. Son mot d'ordre s'inscrit dans la continuité de l'action de Pascal Garerès, à savoir une lutte de tous les instants contre la délinquance, quelle qu'elle soit. « Quand on voit le territoire, très calme en apparence, on a du mal à s'imaginer le type de criminalité qui peut y régner, dit-il. Mais on cerne assez vite les enjeux et on se rendcompte qu'on a un fort pourcentage de délinquance à caractère presque social, avec de la récidive et pas mal de mineurs impliqués. Moi qui viens d'une région coincée entre Lyon et Grenoble, avec beaucoup de grand banditisme, ça n'a rien à voir. » Quant à la compagnie, elle sera, affirme-t-il, « au service des citoyens, dynamique et incisive ». Le style Remy ? Il devrait assez rapidement s'affirmer vis-à-vis de l'extérieur, mais aussi en interne, où son aura de saint-cyrien peut impressionner. « On doit pouvoir commander d'amitié, analyse-t-il, autrement dit développer des rapports d'amitié avec ceux que l'on dirige, mais on sait bien qu'entre amis, on peut se dire franchement les choses. » Un détail changera forcément, par rapport aux quatre ans qui viennent de s'achever. Jean-Guillaume Remy n'est pas rugbyman. Il aurait pourtant le physique d'un bon demi de mêlée. Il est, en revanche, un sportif complet qui se verrait bien membre du club de triathlon de Lesparre et qui s'est fixé un défi, « courir au moins une fois le marathon du Médoc pendant mon séjour ici. » Lu 3133 fois
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