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Elections sénatoriales : les places seront chèresLes grandes manœuvres sont lancées pour les élections sénatoriales de septembre, où Xavier Pintat, sénateur sortant, devra se montrer habile tacticien pour garantir sa réélection.
Ils seront exactement trois cent trente-huit électeurs médocains à être appelés aux urnes le 21 septembre prochain pour élire les six sénateurs représentant la Gironde à la Haute Assemblée. Trois cent trente-huit, ni un de plus, ni un de moins, en vertu des dispositions des articles 280 et 284 du Code électoral, qui dressent cette comptabilité particulière nécessitant l’emploi d’une calculette pour bien y retrouver ses petits (voir encadré). Ces « grands électeurs », puisque c’est le terme consacré qui les désigne, seront eux-mêmes élus vendredi 27 juin au sein des conseils municipaux.
Au total, ils seront un peu plus de 40.000 à élire le tiers des membres du Sénat, renouvelables en 2008. La Gironde dispose de six sièges de sénateurs, soit un de plus que lors du dernier renouvellement, en 1998. La démographie galopante du département explique ce siège supplémentaire à la Haute Assemblée. > Et c’est peu de dire que les grandes manœuvres sont lancées dans les divers états-majors des partis. A l’U.M.P. notamment, où le Médoc est concerné au premier chef. Le sénateur-maire de Soulac-sur-Mer, Xavier Pintat, titulaire d’un siège au palais du Luxembourg depuis 1998, joue en effet son avenir politique. Le rapport des forces en présence dans le département laisse penser que gauche et droite pourraient se partager les six sièges à pourvoir à l’issue du scrutin. Ce qui veut dire qu’avec le principe du scrutin de liste, seuls les trois premiers noms de chaque liste seraient assurés d’un fauteuil au chaud pour les six prochaines années (*). L’un des ces fauteuils est d’ores et déjà réservé à une femme, parité obligé. A droite, c’est l’actuelle députée-maire de Gujan-Mestras, Marie-Hélène des Esgaulx, par ailleurs présidente départementale de l’U.M.P., qui aura la place. A gauche, pour le Parti socialiste, ce sera Françoise Cartron, maire d’Artigues-près-Bordeaux. Les places n° 1 et n° 3 vaudront donc très cher. Or, il y a, à droite, trois sénateurs sortants, pas vraiment décidés à se sacrifier au nom de l’intérêt général. Xavier Pintat, mais aussi Gérard César, maire de Rauzan, et Jacques Valade, ancien ministre, ancien adjoint de Jacques Chaban-Delmas et d’Alain Juppé, poids lourd de la vie politique bordelaise. A ces trois noms, les observateurs ajoutent volontiers celui de Hugues Martin, qui a vaillamment tenu la boutique à la mairie de Bordeaux pendant l’exil d’Alain Juppé au Canada. Une peine qui mérite bien un salaire. Bref, il y aurait ainsi quatre candidats pour deux places éligibles. > A 78 ans, Jacques Valade semble le plus menacé, dans un esprit de renouvellement de cadres qui souffle sur le parti présidentiel. Hugues Martin a fait savoir, quant à lui, qu’il respecterait les décisions des instances départementales, mais Alain Juppé appuie bien sûr la candidature de son fidèle grognard. Et cela a du poids. Gérard César, 73 ans, voit d’un mauvais oeil ceux qui évoquent l’âge du capitaine quand ils parlent de sa place éventuelle sur la liste. Et il se dit même prêt à monter sa propre liste s’il n’était pas certain d’être numéro 1. Il pourrait compter sur les réseaux d’amitié qu’il a noués dans le département depuis qu’il est président de l’Association des maires de Gironde. Au vu de la menace, on comprend aisément qu’à l’U.M.P., il vaudra mieux être tête de liste pour être certain de s’asseoir au palais du Luxembourg. Et Xavier Pintat démontre à qui veut l’entendre qu’il a tous les atouts en main pour être celui-là . Le portrait-robot de cette tête de liste, vu par le sénateur-maire de Soulac, c’est « un élu rural, sénateur sortant, expérimenté et jeune à la fois ». Trois critères qui désigneraient sans coup férir Xavier Pintat, qui a fêté ses 54 ans en avril dernier. Si l’on ajoute qu’il devrait, en outre, avoir les yeux bleus et un rire audible à plusieurs kilomètres à la ronde, la confusion ne serait plus possible… > Mais les voies de la politique ne sont pas toujours pénétrables. C’est pourquoi, pour éviter à tout prix l’hasardeuse troisième place - afin d’éviter une liste César autonome, sans parler de celle du Modem, qui ne partira pas au combat en victime expiatoire -, il se murmure que s’il ne décroche pas le maillot jaune départemental, le sénateur-maire de Soulac a, lui aussi, son plan B, voire C ou D. Sous la forme d’une liste qu’il conduirait, avec des amis fidèles à ses côtés, comme Henri Sabarot, le maire de Carcans, allant chercher ses voix à travers le poids important que représente, auprès des élus ruraux, le Syndicat départemental d’énergie électrique de la Gironde (S.D.E.E.G.), que préside Xavier Pintat depuis plus de dix ans et qui regroupe les cinq cent quarante-deux commune de la Gironde. Résultat des courses sans doute à la fin du mois de juillet. C’est donc un été studieux et surtout tactique que s’apprête à passer Xavier Pintat. Jean-Pierre GAUFFRE n (*) Initialement de neuf ans, comme le prévoyait la Constitution de 1958, le mandat des sénateurs a été ramené à six ans par la réforme constitutionnelle de 2003. Lu 809 fois
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