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La grave fait toujours recette à AvensanOuverture d'une nouvelle gravière à Avensan, sans autre opposition de principe que celle du syndicat viticole de Margaux.
A Avensan, des générations de jeunes Médocains ont, en dépit du danger, appris à barboter dans les anciennes gravières remplies d'eau. Sur cette commune au sous-sol riche en grave blanche et ronde, le géant Morillon-Corvol (filiale du groupe Cemex) est autorisé à extraire les granulats jusqu'au 23 janvier 2006 pour la gravière de Laudère, jusqu'au 28 avril pour celle des Jaugas, même si cette dernière a déjà été réaménagée. Impossible pour l'entreprise d'étendre les anciens gisements, compte tenu de la proximité de zones viticoles AOC. Elle a donc choisi de se délocaliser sur une zone impropre à la culture de la vigne. En l'occurrence le gisement de la Louise (du nom d'un cours d'eau), à cheval sur Avensan et Arsac, où elle compte dénicher une grave de bonne qualité sous deux à six mètres d'argile.
Cette future gravière est une ancienne parcelle forestière de 50 hectares, ratiboisée par la tempête de 1999, située au lieu-dit Berron et appartenant à un particulier. L'enquête publique précédant l'autorisation d'exploiter s'est déroulée du 25 octobre au 25 novembre derniers. > Avensan a dit oui. De même qu'Arsac - commune où GSM est assis sur un gros gisement dont la fin d'exploitation est prévue en 2010 -, qui sera concernée par la circulation des camions-bennes chargés de granulats sur deux de ses pistes forestières. Seule exigence : que Morillon-Corvol accepte la même convention d'usage signées entre la commune et GSM. A ce sujet, " Morillon se fait un peu tirer l'oreille ", faire remarquer le maire, Jean-Gérard Dubo, signalant que sa commune facilite la vie à l'entreprise, qui, faute de passer par Arsac, devrait opter pour une traversée du Pian-Médoc semée d'embûches (recours et pétitions en tous genres). Commune limitrophe dont l'avis consultatif a été sollicité pendant l'enquête publique, Margaux s'est prononcée contre ce projet. Une opinion partagée au syndicat viticole de Margaux, présidé par Gonzague Lurton, dont le père Lucien, en son temps, faisait, paraît-il, du porte-à-porte auprès des propriétaires de terrains pour les dissuader de vendre aux carriers. Si la carrière de Berron ne gêne en rien les viticulteurs, Gonzague Lurton s'étonne, en revanche, du silence des écologistes. Géologue au syndicat de Margaux, Jean-Marie Viaut fait en effet valoir que la nouvelle gravière de Berron risque de fragiliser le réseau hydrologique de cette partie du Médoc en modifiant le cours de la Louise. Sur le site Internet de la commune d'Avensan, on peut lire que la convention tripartite entre la commune, Morillon et la SEPANSO (société pour l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) a été renouvelée sans coup férir en janvier 2005. On apprend également que la SEPANSO est associée à la réflexion de la municipalité pour la création d'un jardin botanique autour de l'ancienne gravière des Jaugas, devenue un étang où devraient prochainement être proposées des activités nautiques - mais pas des baignades -, des aires de pique-nique autour, etc. Restent à finaliser les conditions de transmission du terrain entre Morillon et la commune. Avec ceux de Casalié et de Bronturon, Avensan dispose de trois étangs. > A Arsac, une partie du réaménagement de la centaine d'hectares, à proximité du bourg, exploités par GSM, débute cette année avec une opération de lotissements. Le projet prévoit une mixité entre logements, espaces publics, résidences hôtelières et/ou de loisirs, etc. Pour Arsac, avant le passage en communauté de communes, GSM - qui disposait alors aussi d'une criblerie et d'une société de transports - pesait 40 % de la taxe professionnelle de la commune. C'est bien le nerf de la guerre. Les exploitations viticoles ne sont pas assujetties à la taxe professionnelle. Les carriers, eux, le sont. Le maire d'Avensan, Claude Blanc, assume plus que jamais de travailler en bonne intelligence avec les carriers. N'en déplaise, selon lui, aux viticulteurs qui, historiquement, ont été les premiers à céder leurs terrains, les premiers à utiliser la grave pour drainer leurs parcelles. " Je leur ai toujours dit : Donnez-nous l'appellation margaux sur notre commune, et vous verrez qu'il n'y aura pas de gravières. " Allusion à la bronca de la fin des années 90 qui avait entouré le projet de modification géographique de la carte des AOC margaux. L'extraction : un problème de fond
La grave fait la richesse des grands vignobles médocains. Elle est aussi prisée des exploitants de carrière qui font de ces granulats la matière première dans la fabrication du béton. Deux poids lourds de l'extraction sont présents dans des communes du centre Médoc : Morillon-Corvol et GSM. Entre carriers et viticulteurs, la bataille de la grave a longtemps fait rage.
Si l'on en croît la DRIRE (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) Aquitaine, l'instauration du schéma départemental des carrières de la Gironde a pacifié le débat *. Avant 1970, le carrier se contentait d'adresser une demande d'exploiter au maire de la commune. Depuis la loi du 4 janvier 1993 est exigé un canevas de règles destinées à garantir la remise en état du site après sa fermeture. A partir de mars 2006, l'exploitant devra même avoir l'avis du maire et du propriétaire des sols pour ces travaux, en s'engageant à rendre le sol compatible avec un projet de reconversion du site : zone de loisirs, zone naturelle, bassin piscicole, réserve de chasse… * Ce document est consultable par le public à la préfecture de la Gironde. Lu 13233 fois
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Le Journal du Médoc - 2007
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