Fort Médoc, grand cru à classer

La semaine dernière, le dossier de classement au patrimoine mondial de Fort-Médoc a été réceptionné par l’U.N.E.S.C.O. Le verdict tombera dans un an.



Fort Médoc, grand cru à classer


ort-Médoc entrera-t-il bientôt au patrimoine mondial de l’U.N.E.
S.C.O. ? C’est ce que souhaite ardemment Jean-Claude Martin, le maire de Cussac-Fort-Médoc, la commune qui abrite ce joyau de l’architecture militaire du XVIIème siècle, dont la construction a été ordonnée par Vauban.
Car pour une ville, un site naturel, un monument, figurer au patrimoine mondial, c’est appartenir à un gotha de huit cent trente biens culturels ou naturels, dont l’U.N.E.S.C.O. estime qu’ils ont une « valeur universelle exception-nelle ». Le Mont Saint-Michel, la Grande Muraille de Chine, les pyramides d’Egypte, le château de Versailles, les quais de la Seine à Paris, le Grand canyon du Colorado, la statue de la Liberté, le Kremlin et la Place Rouge de Moscou, la lagune de Venise, les temples d’Angkor… Tous ces lieux mythiques font partie de la liste.

> En Médoc, la basilique Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres, à Soulac-sur-mer, y figure depuis 1998, lorsque l’U.N.E.S.C.O. a classé au patrimoine mondial la totalité des chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France et de leurs lieux remarquables.
C’est un peu le même processus qui est en cours avec Fort-Médoc, qui concourt au classement à l’intérieur d’une entité, celle constituée par quatorze places fortes du XVIIème siècle, toutes construites par Vauban. Les maires des communes concernées ont eu l’idée, à l’initiative du maire de la plus célèbre d’entre elles, la citadelle de Besançon, de se regrouper en une association pour présenter une candidature commune.
Cussac-Fort-Médoc fait, en l’occurrence, équipe avec sa voisine de Blaye, au titre du « verrou de Bordeaux », cet ensemble de trois constructions – citadelle de Blaye, Fort-Médoc et Fort-Pâté, fortin situé sur l’île Pâté, au milieu de l’estuaire – chargé d’interdire à l’ennemi tout accès fluvial à Bordeaux. On le sait, le verrou de Bordeaux n’a jamais servi, les guerres ou affrontements postérieurs à Louis XIV s’étant disputés sur d’autres terrains, avec d’autres enjeux que la conquête fluviale de Bordeaux.

> Le dossier, selon Jean-Claude Martin, « avance bien ». La semaine dernière, Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et président du Réseau des sites majeurs de Vauban, a passé devant l’U.N.E.S.C.O. son grand oral pour défendre le dossier. Il était, entre autres, accompagné de Bernard Madrelle, maire de Blaye, qui a pu fournir des explications complémentaires sur les caractéristiques du verrou de Bordeaux. Le jury ne rendra son verdict qu’en fin d’année 2007. « Mais on aura tout de même une première tendance en février ou en mars prochain », précise Jean-Claude Martin.
Monsieur le maire rêve tout haut, en cherchant les signes du destin qui pourraient faire pencher la balance du bon côté. Il en est un d’évidence. 2007 sera, en France, l’année Vauban, dont on célèbrera le trois centième anniversaire de la mort.

Pour en savoir plus, il faut visiter les sites Internet suivants :
www.sites-vauban.org
www.unesco.org/fr










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