La Chambrette recèle un secret

La gabare découverte l'an dernier au Verdon daterait de 1550.



La Chambrette recèle un secret
Il y a environ un an, ce qui semblait être un morceau d'épave était apparu sur la plage de la Chambrette, au Verdon-sur-mer. À marée basse, on pouvait observer les quelques centimètres de bois qui en émergeaient du sable. Les autorités concernées furent aussitôt contactées par la mairie.
La datation effectuée alors par le service archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles a finalement révélé que l'épave daterait du XVIème siècle, autour de 1550. Une découverte archéologique particulièrement intéressante, mais qui ne pouvait, faute de moyens, être exploitée immédiatement.
Cette semaine, pendant trois jours, une équipe du Département de recherches archéologiques sous-marines (DRASM) de Marseille, qui expertise tout bien culturel maritime, a fait dégager l'épave et a procédé à son examen détaillé, sous la direction de l'ingénieur de recherche Michel L'Hour. Il s'agit en effet d'expertiser les restes de l'embarcation et d'établir l'intérêt scientifique de cette découverte, afin de déterminer si les fouilles – toujours longues et coûteuses - méritent d'être poursuivies pour faire ressurgir le passé.

Une poterie en parfait état. L'ingénieur de recherche tient à rester prudent pour le moment, évoquant un nécessaire « doute méthodique ». Les premiers enseignements de l'expertise font en tout cas état « d'un bateau homogène, conservé sur environ 12 mètres de long et 3 à 4 mètres de large - qui devait certainement mesurer 15 mètres de long ». L'avant du bateau fait face à la plage et l'embarcation « semble avoir un peu éclaté ». À l'arrière, côté fleuve, quelques objets, dont une poterie en parfait état, ont été découverts. Là encore, les analyses détermineront s'ils appartenaient au bateau ou s'ils ont été déposés là par la mer à une date ultérieure. « Il s'agit très certainement d'une gabare ou d'une barge de haute mer, est-il précisé. Quoi qu'il en soit, c'était une embarcation qui faisait des rotations. L'étrave est apparente. L'assemblage est fait par chevilles, de biais et très peu de cloutage. Cet assemblage laisse déjà apparaître un soin particulier ».
Ces expertises auront nécessité plus de 70 heures de travail pour toute l'équipe. Celle-ci a par ailleurs beaucoup apprécié le travail du Verdonnais Philippe Antoine, le chauffeur du tracto-pelle mis à disposition par la municipalité, qui a dégagé l'épave avec beaucoup de délicatesse.
Mercredi dernier, l'épave a été recouverte de sable pour la protéger – il ne reste plus aucun des objets présents. Les experts adresseront leur rapport au ministère de la Culture, qui prendra la décision d'abandonner ou de reprendre les fouilles. L'épave de la Chambrette livrera-t-elle un jour son secret ? L'avenir nous le dira

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