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La Région doit chatouiller la SNCFLe Conseil régional a écouté, à Pauillac, les doléances de la ligne de TER Bordeaux-Le Verdon. Charge à lui de titiller la SNCF pour que les choses évoluent.
Mais que font les pouvoirs publics ? C’est la question que se posent, de plus en plus, les usagers de la ligne SNCF Bordeaux-Le Verdon qui l’utilsent pour aller travailler tous les jours entre le Médoc et l’agglomération bordelaise et qui trouvent que, décidément, leur aller-retour quotidien ressemble à un voyage qui aurait pu se situer quelque part en Europe de l’Est dans les années 50...
Une cinquantaine de ces habitués de la ligne s’étaient réunis le 24 février dernier à Pauillac pour écouter ce qu’avait à leur dire Émilie Coutanceau, conseillère régionale (PS), invitée par quelques usagers décidés à ne pas laisser les choses en l’état, et notamment Martine Castel, Gilles Lefebvre et Bernard Guiraud, adjoint au maire de Lesparre. A l’écoute de leurs nombreuses doléances, on comprend que le train-train quotidien de la ligne TER Bordeaux-Le Verdon n’a qu’un lointain rapport avec le « train du plaisir » qu’empruntaient autrefois leurs arrière-grands-parents pour aller prendre les eaux à Soulac. > Les rames sont vétustes - ce sont des Z 5300, qui ont déjà écumé depuis des décennies tous les rails de la banlieue parisienne - et n’ont rien à voir avec les magnifiques Z2 ou RRR, aux allures de TGV, qui font la gloire des campagnes publicitaires du Conseil régional en matière de transports collectifs. La sécurité à l’intérieur laisse franchement à désirer (pas de brise-vitres en cas d’urgence, portes difficiles à ouvrir, inaccessibilité aux personnes handicapées, etc.). Les espaces fumeurs et non fumeurs ne sont pas clairement identifés. Ponctualité et propreté ne sont pas les deux mamelles du TER. Les toilettes dans les gares sont généralement inaccessibles. Quant à la gare Saint-Louis, proche de Bordeaux, elle se signale aussi par de nombreux désagréments. Bref, autant d’arguments pour aiguiser la mauvaise humeur des usagers réguliers du Médoc, qui ont une fois de plus l’impression d’être les laissés pour compte de la Gironde. Face à toutes ces doléances, les réponses varient, mais commencent systématiquement par la même mise en garde : si les transports sont bien de la compétence du Conseil régional, la SNCF reste tout de même maîtresse chez elle. L’institution régionale ne peut donc que se faire le porte-parole des usagers, transmettre les requêtes et attendre que l’entreprise publique agisse. Pas facile, dans ces conditions, de faire bouger les choses rapidement, d’autant qu’aucun représentant de la SNCF n’assistait à la réunion. Emile Coutanceau et Mme Cala, chargée du dossier au Conseil régional, ont donc rappelé les réponses de la SNCF aux questions déjà soulevées par le Conseil régional. En ce qui concerne, par exemple, les rames vétustes, il faut savoir que la ligne du Médoc est pratiquement la seule région dont le réseau peut absorber, techniquement parlant, ces rames, qui ne dépassent pas le 120 km/h. Mais il y a un espoir, les Z 5300 devant passer en réserve, pour voir revenir les Z2 et les RRR. Quand ? D’une manière échelonnée, sur la période 2006-2008. En matière de ponctualité, il faut également savoir que la ligne du Médoc n’est pas prioritaire sur les axes plus importants, d’où les possibilités de retard. Pour le reste, la Région fera des remarques sur la propreté ou la sécurité. > Sur le dossier capital de la rénovation des gares, les financements ont été rappelés : 50 % pris en charge par la Région, 25 % par l’Etat, 25 % par la SNCF. Les collectivités locales ont en charge les cours, abords et parkings. La gare de Lesparre est au programme. Le public a pu, ensuite, laisser libre cours à d’autres remarques ou récriminations. Des travaux ont été faits sur la voie, mais ils n’ont apporté aucune amélioration en matière de temps de trajet. Les gares de Saint-Laurent et de Labarde ne sont plus desservies. Certains trains s’arrêtant à Pauillac sont relayés par des bus qui sont eux-mêmes complets. Le train au départ de Saint-Louis à 16 h 51 n’est plus en service en été. Les numéros verts de la SNCF, censés renseigner les usagers pendant les grèves, sont systématiquement injoignables. Pendant les grèves, justement, les bus de remplacement ont fréquemment plusieurs heures de retard... L’histoire de désamour entre le public et la SNCF ne semble donc pas près de s’arrêter. Et chacun s’accorde pourtant à reconnaître que le train reste un moyen de transport idéal, si seulement il ne présentait pas tous ces désagréments. La Région semble en tout cas bien décidée à multiplier ces réunions au niveau local, pour tenir informés les usagers. La nouvelle a été accueillie avec satisfaction. Le changement serait donc peut-être sur les rails. Mais il avance à l’allure d’un omnibus... Lu 3180 fois
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Le Journal du Médoc - 2007
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