|
|
||
|
Rubriques
|
Le Verdon fait de la résistanceNouvelle grève tournante, vendredi, sur le site du P.A.B. du Verdon-sur-mer, où la CGT s'inquiète de la réforme en cours des ports de commerce français.
Le texte a été voté définitivement le 24 juin par les députés. La réforme portuaire est donc en marche. Si le conflit entre la Fédération nationale CGT des ports et docks (80 % des salariés du secteur) et le gouvernement demeure, l'heure est aux discussions. Les décrets d'application ne sont pas encore pris et le texte laisse une large place à la négociation.
Pour faire simple, disons que le texte comporte deux volets qui posent problème : un volet social, qui prévoit le transfert éventuel des personnels de manutention à des sociétés privées, et un volet industriel, qui prévoit la cession à ces mêmes sociétés des installations de manutention (grues, portiques, matériel d'entretien, engins divers etc.). La CGT est farouchement opposée à ces deux mesures. Elle refuse que les personnels perdent leur convention collective actuelle et que des installations financées en partie par le contribuable à travers les collectivités locales (départements et régions) soit cédées à vil prix à des sociétés privées. Pour l'heure, c'est au niveau national que les négociations commencent. Elles se poursuivront durant l'été entre le ministère des Transports et les représentants des différents acteurs du secteur. Après la définition d'un accord cadre national, les négociations se poursuivront à l'échelon local. > Le Médoc est bien sûr directement concerné par les changements prévus à travers les sites de Pauillac et du Verdon-sur-mer. Le Port autonome de Bordeaux doit, selon les termes du texte récemment voté, devenir Grand port maritime de Bordeaux, avec la possibilité de céder l'activité et les matériels de manutention à Sea Invest et Balgurry, qui concentrent 100 % du trafic portuaire. Sur Le Verdon, ces deux sociétés opèrent à travers une filiale commune, VAT (Verdon Aquitaine Terminal). Du coup, les craintes exprimées par Christophe Demougeot, à la fois responsable du site et représentant CGT, sont vives. Elles sont relayées par Stéphane Le Bot, responsable du PCF en Médoc et candidat sur le canton de Saint-Vivien aux dernières cantonales. Les effectifs sur Le Verdon sont minces. Quatorze personnes au total, qui assurent la manutention et l'entretien des installations : deux cadres, deux chefs d'équipe, quatre grutiers, trois électriciens et trois mécaniciens. Lorsqu'un bateau se présente, le chargement ou le déchargement s'opère en trois « shifts » : de 0 heure à 8 heures, de 8 heures à 16 heures et de 16 heures à 24 heures. Chaque shift mobilise un chef d'équipe, un mécanicien, un électricien et deux grutiers, ce qui nécessite de faire venir de Bassens du personnel en renfort. Il flotte sur Le Verdon un parfum de nostalgie. Les plus anciens se souviennent de l'époque de création du port, et les plus jeunes, souvent fils de dockers, ont leur part dans ces souvenirs. C'était en 1976. Quarante personnes, plus les dockers, travaillaient sur les quais, qui accueillaient vingt bateaux par mois. Le terminal pétrolier tournait à plein. Les boîtes de vitesse venant de Blanquefort partaient du Verdon vers les usines Ford d'outre-Atlantique. On compte aujourd'hui sur les doigts d'une seule main le nombre des bateaux traités chaque mois au Verdon. Le port pétrolier n'est plus qu'un long squelette de béton désarticulé, qui baigne dans les eaux limoneuses de l'estuaire. > Toutefois, le trafic des conteneurs augmente régulièrement depuis trois ans. Quand on parle d'avenir, les mots sont simples. Les personnels du port parlent de terminal méthanier, espéré, et de vastes entrepôts Geovia, attendus. Le tout, assurent-ils, en harmonie avec le respect de l'environnement et du développement durable, en bon voisinage avec le port de plaisance. Mais on sait que dans la pointe du Médoc, cette vision des choses n'est pas partagée par tout le monde, loin de là. En attendant, ce vendredi, l'activité portuaire sera nulle sur Le Verdon. Grève de 24 heures, comme chaque semaine depuis des mois. Plus de travail de nuit, ni le week-end, plus d'heures supplémentaires, ni de travaux exceptionnels. Une situation que déplore l'Union Maritime de Bordeaux à travers son président, M. Amouroux, qui espère « que l'accord cadre national attendu sera vite élaboré pour que l'activité portuaire sur l'ensemble des sites du désormais Grand port maritime de Bordeaux puisse reprendre normalement ». Mais quand les difficultés actuelles seront résolues, demeurera quand même la vraie question : quel avenir pour les installations du Verdon et les hommes qui y travaillent ? Lu 631 fois
Dans la même rubrique :
|1| >> A la une | Le dessin | L'événement | Politique | Sports | A suivre… | Associations | Patrimoine | Arts et spectacles | Vie locale | Faits divers | Environnement | Pays Médoc | Mémoire | CdC | Enseignement |
|
|
Le Journal du Médoc - 2007
BP 2 - 33112 Saint-Laurent-Médoc - France +33 (0)5 57 75 14 00 |
||

Actualité
A la une
