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Les assos en première ligneUn mois après son élection à la mairie de Lesparre, Bernard Guiraud donne les grands axes de sa méthode de gouvernance, qui se veut avant tout fondée sur la concertation.
Journal du Médoc : Quel est aujourd'hui le climat général qui règne à Lesparre, notamment au sein du conseil municipal, compte tenu des tensions nées de la campagne, à gauche comme à droite ?
Bernard Guiraud : On n'est pas encore à plein régime. Le maire et les adjoints se mettent en place. Et on devait d'abord voter le gros dossier du budget 2008, préparé par l'équipe précédente, ce qui a été fait vendredi 11, à mon sens dans un bon état d'esprit. Maintenant, je demande à tous les adjoints de se mettre au travail dans les commissions pour qu'on puisse élaborer le budget 2009. Je suis même étonné par l'aisance avec laquelle ils se sont mis au travail. Reste à voir comment ils manageront les commissions, car je veux une réelle concertation avec les diverses oppositions. Du côté d'Alain Jeantet, il n'y a aucun problème. On s'appelle à chaque fois que c'est nécessaire. Certains se sont étonnés de son élection pour représenter la commune à la CdC, mais il y a eu un vote pour cela. Je constate qu'Alain Jeantet a montré, durant la campagne, le même état d'esprit que nous, en défendant ses idées, mais sans attaques personnelles ou indignes. A partir de là, tout se passe bien. En ce qui concerne les autres oppositions, je n'ai aucun compte à régler au niveau de la mairie. Si l'opposition veut tenir sa place, elle le pourra. Jean-Claude Laparlière ne me croit pas, c'est son problème. Du côté du P.S., ils auront la place qu'ils méritent, selon qu'ils veulent travailler en bonne intelligence ou non. JdM : Vous étiez adjoint avant d'être maire. Avez-vous appris des choses nouvelles ? B.G. : Deux points m'ont frappé. Il y a d'abord l'accumulation des premiers rendez-vous. Tout le monde veut me voir… et ça part souvent dans tous les sens. Ca me laisse perplexe. Je n'aurais jamais osé demander un rendez-vous à un maire pour exposer ma vie privée, comme le font certaines personnes. Je leur demande parfois : mais qu'attendez-vous de moi ? C'est un vrai rôle d'assistante sociale, auquel je ne m'attendais pas à ce point. Le deuxième point, anecdotique, c'est que même les gens proches de moi me demandent s'ils doivent m'appeler Bernard ou monsieur le maire. Je leur réponds que je continue à m'appeler Bernard… Il y a aussi les contacts avec les services de l'Etat, et notamment la gendarmerie. Je souhaite que ces contacts soient très proches, hebdomadaires, pour savoir vraiment ce qui se passe dans la ville et pouvoir analyser si les solutions à apporter sont du ressort de l'Etat ou de la commune. JdM : Cela veut-il dire que vous réorientez les priorités que vous aviez fixées durant votre campagne ? La sécurité avant la vie associative ? B.G. : Je crois qu'il y a eu un malentendu, qu'on a fait semblant de ne pas comprendre ce que je disais. On m'avait interrogé sur la sécurité par rapport à l'embauche de nouveaux policiers municipaux. Et j'ai répondu que ce n'était pas ma priorité, car ça me semblait relever de la compétence de l'Etat. Mais je n'ai jamais dit que je me désintéressais de la sécurité. Un exemple parmi d'autres, la commune va financer l'achat de quatre VTT, deux pour la gendarmerie, deux pour la police municipale, afin que les hommes en uniforme puissent aller plus aisément sur le terrain. En ce qui concerne la vie associative, c'est une priorité, un gros travail que conduit Delphine Dupin. Mon souhait, c'est que cela se traduise par la création d'une maison des associations, peut-être du côté de Saint-Trélody, avec du personnel, des bureaux, des salles de réunions. Ce sont les associations elles-mêmes qui vont monter le dossier avec la commission. Après, il y aura évidemment un arbitrage budgétaire. Mais d'ores et déjà, pour prouver notre volonté d'aller en ce sens, nous souhaitons recruter une personne mises à la disposition des associations pour traiter leur courrier ou monter des dossiers afin d'obtenir des subventions. JdM : Parmi les associations, il y a l'A.C.A.L., qui représente les commerçants et artisans de Lesparre, qui n'a pas toujours eu d'excellentes relations avec la municipalité précédente… B.G. : C'est vrai. Nous étions présents à la dernière assemblée générale de l'A.C.A.L., pour réaffirmer que nous avons besoin de toutes les associations, sportives, culturelles, mais aussi professionnelles. L'A.C.A.L. doit élire son nouveau bureau. Quand il sera connu, je souhaite que l'association prenne toute sa place dans la vie de la commune, notamment dans l'organisation de la fête des vins du Médoc. Si les commerçants ne sont pas avec nous, ça sera difficile. JdM : Revenons un instant sur la sécurité, avec l'arrivée prochaine des caméras. Etes-vous favorable à cette implantation ? B.G. : Nous avons voté le budget vendredi dernier, conformément à l'engagement pris par Bernard Prévôt. Il y aura sept caméras implantées au centre ville, entre la rue Jean-Jacques-Rousseau, la place Gambetta ou le kiosque à musique. J'ai les devis du fournisseur. J'attends la validation du dossier par la préfecture. Le centre de visionnage sera installé dans les locaux de la police municipale et les gendarmes auront également accès aux images en temps réel via un site Internet sécurisé avec des codes spécifiques, les enregistrements étant conservés pendant sept jours. Il y avait manifestement une grosse demande des commerçants et de la population. J'espère que ça ne déportera pas géographiquement les problèmes. A des endroits où il n'y a pas de caméras, par exemple… Mais je serai content si la population, notamment les personnes âgées, retire un meilleur sentiment de sécurité. JdM : Etes-vous rassuré par les annonces faites par Pascale Got (voir JdM n° 555) concernant les principaux services publics de la sous-préfecture ? B.G. : Commençons par la polyclinique. J'ai exprimé mon étonnement devant l'absence d'un représentant de la municipalité au conseil d'administration du Pa-villon de la Mutualité. Parce que jusqu'à présent, le maire apprend tout par des bruits de couloir, puisqu'il n'est pas représenté de l'intérieur. Il semblerait que le Pavillon soit accessible à la création d'un comité de surveillance où siègeraient les élus, médecins, professionnels… qui ferait le lien avec le conseil d'administration. On serait donc enfin informés de ce qui s'y passe vraiment. Concernant le contournement, je prends acte de la volonté du Conseil général de mener une étude. J'imagine que la volonté d'aller au bout est bien là. Si la décision est prise, je souhaite qu'au moins tous les Lesparrains concernés, comme les commerçants ou le monde associatif, puissent être consultés et donner leur avis sur le tracé. Je ne sais pas si nous irons jusqu'au vote, façon Le Verdon pour le terminal méthanier, mais il faut que les gens puissent s'exprimer. A propos du train, je sais qu'on avance à petits pas. Il y a des améliorations sur la ponctualité, sur le matériel. On va bien finir par récupérer les rames Z2 en 2009, qui suffiraient au confort des Médocains. On sera aussi attentifs sur les travaux de la gare de Lesparre. Concernant le tribunal, j'ai bien l'impression que tout est terminé. C'est une décision politique contre laquelle il n'y a pas grand-chose à faire. En revanche, je m'inquiète des rumeurs concernant la sous-préfecture. On parle d'une fermeture à l'échéance de deux ans, dans le cadre d'une réforme de la carte administrative, comme on a réforme la carte judiciaire. Je vais demander un rendez-vous sur ce thème au sous-préfet. S'il y a menace de fermeture, ce serait une catastrophe pour Lesparre et tout le Médoc, tant sur le plan économique, que des services ou du lien social. Il faudrait vraiment alors que tous les élus se mobilisent à travers le Pays Médoc pour s'opposer à une telle décison. JdM : Que retirez-vous, finalement, de ce premier mois de mandat, sur un plan plus personnel ? B.G. : Que c'est à la fois très prenant et très intéressant, d'autant que je me partage entre ma fonction de maire et mon travail syndical au sein des sapeurs-pompiers. C'est presque enivrant. Il y aurait parfois de quoi avoir la grosse tête, avec tous ces gens qui vous considèrent comme « monsieur le maire » et qui veulent vous voir, vous parler, surtout les premiers temps. Mais je sais que mon épouse me ramènera, s'il le faut, à de vraies valeurs… Lu 3058 fois
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