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Les regards tournés vers BercyQue peuvent attendre les « Fordistes » de la nouvelle rencontre prévue mardi prochain à Paris autour de Christine Lagarde, ministre de l'Economie ?
Une forte délégation de salariés de Ford Aquitaine Industries s'est invitée à l'inauguration du local de campagne de Vincent Feltesse, maire de Blanquefort et candidat à sa propre succession pour les prochaines municipales. Le maire a rappelé qu'il faisait de l'avenir du site « un combat majeur d'agglomération, de département et même de région », promettant de « les aider ».
Depuis, le mouvement de l'intersyndicale s'est durci. Lundi 21 janvier, dès 5 h 30 et durant toute la journée, environ 50 % des personnels des équipes du matin et de l'après-midi, soit environ 650 personnes, ont bloqué non seulement la circulation des camions de livraison entre les deux usines du site, F.A.I. et G.F.T., mais aussi la « douane » par où transitent toutes les pièces, perturbant ainsi la production. Une première, cette opération avait valeur de test, car on sait que les personnels de F.A.I. n'ont pas la culture de la grève. > Mardi, à l'appel de l'intersyndicale, ils étaient deux cents près de l'hôtel de police de Bordeaux, où était attendu Nicolas Sarkozy. Les slogans n'ont pas impressionné les C.R.S., qui empêchaient d'atteindre la voiture présidentielle. Assurance leur a été donnée que la lettre ouverte au président de la République lui serait remise par le préfet. Cette lettre rappelle les différentes pistes évoquées en groupe de travail. Elle dénonce aussi le fait que si Ford se désengage, les coûts de dépollution du site seront considérables et qu'il serait plus utile de les prévoir en investissements productifs. Lundi 28 janvier s'est tenue la réunion mensuelle du comité d'entreprise, dans une ambiance morose. « La direction n'a malheureusement rien à nous dire », déplore Jean-Claude Conte, de la C.G.T. Les personnels sont dépités et semblent démotivés. Comme le dit ce syndicaliste, « ils travaillent en se grattant la tête ». Laurent Dudych, le président de F.A.I., sur qui Ford Europe semble se décharger pour trouver des solutions, l'avoue : « Je ne crois plus en Ford ». « C'est une situation nouvelle », commente Francis Wilsius, secrétaire (C.F.T.C.) du C.E. Mardi, c'est l'intersyndicale qui s'est réunie pour un travail de réflexion sur les actions à mener. « Nous souhaitons que tous les salariés, préretraités et anciens de Ford s'investissent dans ce combat avant qu'il ne soit trop tard », dit Jean-Claude Conte. Une réunion importante, ouverte à tous et baptisée « forum », est programmée pour la matinée du samedi 23 février, de 9 heures à 12 heures, à Fongravey. Elle de-vrait réunir toutes les personnalités politiques de l'agglomération bordelaise, qui viendront échanger non seulement avec les personnels F.A.I., mais également avec le public. > Entre temps, une nouvelle rencontre est prévue à Paris avec la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le mardi 5 février. Y participeront Pascale Got, Vincent Feltesse, Alain Juppé et Alain Rousset, ainsi que John Fleming, P.-D.G. de Ford Europe, Francis Wilsius et son adjoint au C.E., Antoine Martos, et un représentant du B.R.A. (agence de développement économique de Bordeaux-Aquitaine). La députée du Médoc ne sera pas la moins concernée, puisque c'est elle qui est à l'origine de cette deuxième rencontre, à la suite de son intervention orale à l'Assemblée nationale, le 22 janvier dernier, auprès de Christine Lagarde. « Cette fois, affirme Pascale Got, il ne faut plus rester dans le constat, que l'on connaît par coeur, mais avancer des propositions, techniques et politiques. On veut des précisions sur le calendrier du désengagement, sur la boîte six-vitesses, on veut aussi des chiffres précis sur ce que coûterait la fermeture du site. On sent que les gens du cabinet de Christine Lagarde commencent à être de plus en plus concernés. C'est bien. Mais on sent bien aussi que Ford Etats-Unis ne bougera pas tant que Ford Europe ne fera pas de propositions plus concrètes. » En tout cas, avec la lettre au chef de l'Etat, les plus hautes autorités sont désormais averties du drame économique et humain qui se trame dans la zone industrielle de Blanquefort. Quelque 1.500 em-plois sont en jeu. Lu 1410 fois
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