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Malaise à la CdC Centre-Médoc

Le retrait du projet de crèche à Saint-Laurent-Médoc a suscité la colère des élus de la commune.



Malaise à la CdC Centre-Médoc
Le débat d'orientation budgétaire de la CdC Centre Médoc, programmé le 19 janvier à Saint-Julien-Beychevelle, était prévu de longue date. Fixé à deux mois de l'échéance de l'examen du budget primitif, ce débat ne présentait aucun caractère exécutoire mais devait se conclure par une délibération. Mais ce débat formel, dont normalement toutes les aspérités auraient dû être gommées en commission préalable, a pris une toute autre tournure.
Le président et maire de Pauillac Sébastien Hournau, en ouvrant la séance, insiste sur l'inconnue que représente pour les finances de la CdC la disparition programmée du centre d'hydrocarbures de Trompeloup, soit 30 % des recettes fiscales. " Le site reste stratégique mais les options non encore définies pourraient, si l'on tarde trop, s'avérer catastrophiques. " Il en est de même pour le site des PagesJaunes, à Saint-Laurent. Beaucoup d'inconnues donc, dans ce budget prévisionnel, qui fait la part belle à la montée en puissance des zones d'activité de Pauillac, Saint-Laurent et Cissac. " Ce sont, rappelle le président, des investissements majeurs que plombent quelque peu les promesses d'exonération fiscale, sur deux ans, faites aux entreprises ". Il y aussi le poste voirie avec la liaison entre Saint-Estèphe et Saint-Seurin qui devient prioritaire et, enfin, le lourd investissement que représente le centre de loisirs sans hébergement de la Garosse.

> Alors que reste-t-il pour la petite enfance et le projet d'une autre structure multi-accueil à Saint-Laurent, pour une quinzaine d'enfants ? Un rien gêné, Sébastien Hournau rappelle l'importance de ce projet qu'il a soutenu, qu'il sait nécessaire mais que la commission préalable vient de déprogrammer, faute de lisibilité à long terme des subventions possibles. Le président rappelle que les subventions accordées sont fonction d'orientations qui peuvent changer d'une année sur l'autre. " Rentabilité " devient le leitmotiv de la soirée.
Henri Laurent, maire de Saint-Laurent, monte au créneau : ce projet a été lancé en mai 2003, à la demande de la communauté de communes pour soulager le centre multi-accueil de Pauillac, en prévision d'un accroissement de population. La compétence de Saint-Laurent a été reconnue pour monter ce projet sur son sol. En proposant le local de l'ancienne perception, les coûts de construction ont été réduits d'autant. La commission petite enfance de Saint-Laurent a travaillé près de trois ans sur ce projet qui a été validé par la CdC en juin 2005, au point d'engager les demandes de subvention de la CAF et de la MSA, toutes subventions accordées en un temps record, avant fin 2005. Et c'est maintenant que le projet aboutit qu'on le contraint à y renoncer ? " Il ne s'agit pas d'une annulation pure et simple du projet, rappelle le président, mais d'un moratoire de deux ans qui permettra peut-être aux entreprises naissantes de rétablir une balance bénéficiaire dans les comptes de la CdC ".

> Pour Saint-Laurent, représenté par son maire et par la déléguée à la petite enfance, Cécile Hosteins, il y a là quelque chose de profondément choquant. " On ne peut mettre en parallèle une attente économique et une nécessité sociale, ou alors que fait-on de l'école ? tonne la déléguée. Vous parlez rentabilité ? Le coût de cette structure est de 180.000 euros. Nous recevons 130.000 euros en subventions CAF et MSA. Tous frais confondus, la part de la CdC dans le financement de cette structure ne se monterait qu'à 24.664 euros ! " Et d'enfoncer le clou : " La rentabilité de votre zone économique n'est pas moins problématique. Et vis-à-vis du public ou de la CAF, comment justifier cette décision ? Au plan local, que vais-je dire aux familles en attente ? "
Un élu ironise sur les " quinze " enfants de Saint-Laurent privés de crèche. Cécile Hosteins s'insurge : " Quinze places, cela représente l'accueil de cent cinquante enfants soit à plein temps soit occasionnellement ; ce n'est pas pour le simple confort des enfants de Saint-Laurent que nous avons monté ce projet. " Un élu cherche à calmer le jeu : " Je comprends le besoin, dit-il, mais je dois aussi connaître le coût de fonctionnement au jour le jour. Faute d'un dossier clair, je me sens incapable de voter ce soir sur ce budget. "
D'autres élus approuvent. Il n'y aura pas de vote et Lucien Bressan, maire de Saint-Julien-Beychevelle, qui recevait ce soir-là ses homologues, avoue son malaise : " Nous sommes devant un terrible malentendu : ce qui n'était qu'un projet de faisabilité a été pris par Saint-Laurent comme un fait acquis. Le passage en commission aurait dû dissiper l'ambiguïté. Où est notre cohésion dans tout cela ? "
Les deux parties se sépareront sur un désaccord que Cécile Hosteins essaie d'atténuer : " On va attendre le vote du budget. Je veux croire que nous sommes une structure démocratique et que l'on obtiendra par le vote une orientation différente de celle qui se dessine ici ce soir. "

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