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Mesdames les mairesLes six femmes maires du Médoc se sont réunies pour évoquer les difficultés rencontrées dans leur fonction en tant que femmes.
« Je trouve que les habitudes sont lon-gues à changer. Cela fait trente ans que je suis conseillère municipale et treize ans maire, et je reçois toujours 80 % de courrier Ã
l’attention de Monsieur le maire ! », s’indigne Jeanne Baudray, maire de Saint-Vivien-du-Médoc, en préambule de la rencontre des six maires médocaines, le 18 septembre, à l’Hôtel des Pins à l’Amélie. Cela fait longtemps qu’elles souhaitaient se réunir pour évoquer les difficultés des femmes premier magistrat de la commune, mais il a été difficile de trouver un créneau commun dans leurs agendas respectifs. Six maires, trois communautés de communes représentées, soit deux femmes maires, sur onze membres, par CdC : Jeanne Baudray et Raymonde Rey (Valeyrac) pour la Pointe du Médoc, Sylvie Moriau (Saint-Christoly) et Sylvie Berrouet (Saint-Yzans) pour Cœur de Médoc, et Jacqueline Dottain (Margaux) et Sylvie Monnereau (Labarde) pour Médoc Estuaire. La députée du Médoc, Pascale Got, était invitée pour l’occasion. En Gironde, seulement 12 % des maires sont des femmes ; on est loin de la parité. > Toutes font le même constat : les électeurs sont prêts à voter pour une femme, sans que cela ne représente un avantage ou un inconvénient, mais les élus en place, le statut de l’élu et l’organisation sociale constituent des freins à la féminisation des élus. La doyenne Jeanne Baudray donne un exemple : « Lors de la dernière réunion du bureau des maires de la CdC, le problème du port méthanier a été abordé, mais le président Xavier Pintat ne m’a pas laissé placé un mot sur un sujet aussi important ! On ne nous demande pas nos idées, car il ne semble pas leur venir à l’esprit qu’une femme a des idées ! ». « Par contre, ajoute Raymonde Rey, on est souvent mises en avant lorsqu’il s’agit de dire ce que ces messieurs n’osent pas déclarer ! Et nous n’avons pas le droit à l’erreur ». Pascale Got confirme que si, à l’Assemblée nationale, la féminisation semble bien acceptée, les députées sont plus attendues au tournant que leurs collègues masculins, et la reconnaissance de leurs mérites plus difficile à obtenir. Pourtant elles sont souvent plus assidues, notamment lors des séances de nuit. Selon elle, Lionel Jospin a eu le mérite de faire rentrer des femmes dans le personnel de l’assemblée. « Peut-être, mais il devrait faire preuve de plus d’humilité concernant la candidature de Ségolène Royal, alors que lui n’a pas atteint le second tour ! », égratigne Mme Baudray. > Sylvie Moriau renchérit : « Les femmes sont prêtes à s’inscrire sur les listes municipales, mais c’est souvent le mari qui ne veut pas pour des questions d’organisation familiale. Nous avons la chance, toutes les six, d’avoir de grands enfants, mais il faut reconnaître qu’avec des enfants en bas âge, l’emploi du temps d’un maire n’est pas toujours conciliable avec les structures de garde existantes ». « Et puis, ajoute Sylvie Berrouet, la société doute de la compétence des femmes dans certains domaines. Les entrepreneurs par exemple, sont souvent surpris, voire gênés, quand c’est une femme qui arrive pour faire une réception de travaux ». Pascale Got avoue d’ailleurs avoir choisi la commission « Economie et développement » à l’Assemblée par intérêt, mais aussi pour éviter de se laisser enfermer dans un domaine de compétence classiquement dévolu aux femmes, comme les affaires sociales. Toutes les sept ont souhaité se réunir pour manifester leur complicité, mais pas pour faire preuve de sectarisme. Elles sont persuadées que les hommes et les femmes élus doivent avancer ensemble, en s’appuyant sur leurs qualités différentes, leur complémentarité. Bien sûr, elles appellent les femmes à s’inscrire sur une liste municipale en 2008, mais elles souhaitent aussi que le chantier du statut de l’élu, notamment local, soit ouvert, pour les hommes comme pour les femmes : formation insuffisante face aux responsabilités écrasantes, indemnisation faible au regard du temps passé et de la responsabilité, retour à la vie professionnelle difficile après un mandat électoral… Dictionnaire
- Maire : nom masculin. Il est donc plus judicieux de dire « Madame le maire » et non « Madame la maire » (la circulaire du 11 mars 1986 relative à la féminisation des noms, qui suggère l’emploi d’un déterminant féminin comme « la », n’est guère appliquée).
- Mairesse : si le terme est présent depuis le 12ème siècle, il ne désigne que la femme du maire. L’acception de femme-maire, proposée dans les dictionnaires depuis les années 1990, reste ancienne et péjorative (le suffixe féminin en « esse », comme « poétesse », n’est plus employé en français moderne). - Député : nom masculin. On rencontre au féminin la graphie « dé-putée » (terme qu’emploie Pascale Got dans ses courriers). Lu 1388 fois
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