Pauillac à l'heure de l'altermondialisme

Les acteurs culturels de Pauillac se mobilisent afin de susciter une reflexion qui permettrait d'avancer dans l'instauration d'un « autre monde » moins inégalitaire et plus respectueux de la dignité humaine.



Pauillac à l'heure de l'altermondialisme
Dans les années 1974, l'opinion publique se gaussait un peu du programme d'un candidat à l'élection présidentielle, un « illuminé », un « utopiste » vivant sur sa péniche, un certain René Dumont.
Puis vinrent les actions de Greenpeace, l'émergence des « Verts », les catastrophes écologistes et nucléaires accréditant leurs thèses et, plus proche de nous, les coups de gueule et les coups de main d'un « néo-paysan » descendu du Larzac, le médiatique José Bové, fondateur avec René Dumont, justement, et quelques autres de l'association ATTAC, militant pour la taxation des profits financiers au niveau mondial pour une redistribution plus équitable. C'était la prise de conscience par certains de « l'état de barbarie généralisée » d'un monde qu'il était grand temps de faire évoluer.
Mais comment, si ce n'est par l'information, provoquer le réflexe citoyen et déterminé qui soutiendra les résistances et les actions en faveur d'un monde plus juste ? C'est ce à quoi s'emploient, du 12 au 18 février, le centre culturel de Pauillac, la bibliothèque municipale et le cinéma Eden.

> Afin d'envisager les solutions qui permettront d'assurer la pérennité du capitalisme au XXIème siècle, une enquête ultra-confidentielle et planétaire a été confiée par des commanditaires anonymes (voix off) à un groupe d'experts. C'est « Le rapport Lugano » dont les conclusions sont énoncées par leur porte-parole protégé par son anonymat, Monsieur Gentiane.
Les experts sont formels : l'avenir du capitalisme est menacé par des facteurs d'ordre écologique et démographique. Il faut prendre des mesures efficaces. Tout simplement éliminer les « perdants » au profit des « ga-gnants ». S'ensuit la description implacable d'un monde où l'on substitue la loi du marché au contrat social. Un monde immonde, fait de communautarisme, de guerres intestines, de famines, d'épidémies sur fond d'OGM. Ainsi disparaîtront les pauvres, les non-consommateurs, les assistés et avec eux, la misère... Une horreur écologique, économique et sociale en marche.
Cette prophétie tirée d'un roman de « politique-fiction » écrit par Susan George, visionnaire en l'occurrence, politologue et vice-présidente d'ATTAC France, a inspiré Christophe Moyer, metteur en scène de la compagnie « Sens ascensionnel » de Lille. Il a su tirer de la progression d'une logique inexorable une tension dramatique qui ne se dément à aucun moment. Révélant ce que l'on cache habituellement au citoyen, il illustre les engagements d'une compagnie qui a pour objectif de raconter et de questionner le monde contemporain.
Qu'il s'agisse de « Pignon sur rue », les conséquences d'un licenciement, de « L'extrait de la pierre de folie »,qui traite de la normalité, de « Faut pas payer », farce militante sur les dérives de la société, la compagnie varie les formes pour faire se rencontrer spectacle et engagement et aboutir au débat avec le public.
Il en sera ainsi à l'issue de la remarquable interprétation de Jean-Maximilien Sobocenski, le Monsieur Gentiane

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