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Samedi 04 Juillet 2009
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Quatrième round4Gas veut aller au bout de son projet « Pegaz » ? L’association « Une Pointe pour Tous » est prête pour le dernier round. La rive droite de l’estuaire est davantage mobilisée. Le député-maire de Royan assure que le terminal n’a quasiment aucune chance d’aboutir.
Porte-parole de l’association médocaine « Une Pointe pour Tous - le collectif des deux rives », Jean-Marie Andreux n’a pas manqué de faire le rapprochement avec la récente déroute de l’équipe de France de football : « Nous avons été battus par les Hollandais à l’Euro de foot, mais c’est la dernière fois », a-t-il prédit, espérant faire échec à la société néerlandaise 4Gas. De sa voix tonitruante, le député-maire UMP de Royan, Didier Quentin, s’est, quant à lui, employé à galvaniser les troupes des opposants au projet, venus des deux rives de l’estuaire (et disons-le, davantage de la rive droite), rassemblés ce samedi 14 juin sur la plage de la Chambrette du Verdon-sur-mer. Là, à quelques centaines de mètres du terrain du PAB (port autonome de Bordeaux) réservé par 4Gas pour y construire un terminal méthanier. Une matinée pour montrer que les « anti » restent mobilisés. Pas un grain de sable dans l’organisation, communication bien huilée, diffusion d’une pleine page dans le quotidien « Sud Ouest » (« Lettre ouverte aux dirigeants de 4Gas »), des militants portant des pancartes revendicatives jaune fluo bien comme il faut, prompts à prendre la pose adéquate pour les photographes de la presse ou pour la télévision (France 3 Aquitaine).
> Place désormais au quatrième round du combat entamé voici plus d’un an. Il y eut d’abord le round d’observation, avant le débat public, où « Une Pointe pour Tous » a élaboré sa stratégie, évalué les forces et les faiblesses de l’adversaire. Puis le débat public lui-même, qui fut pour le moins viril. Ensuite l’attente de la décision de 4Gas, après le bilan de la commission nationale du débat public. Enfin, l’annonce de la décision de la société néerlandaise d’aller au bout du développement de son projet, un quatrième round où le combat politique a pris de l’ampleur. Didier Quentin a martelé qu’il y a « 99 chances sur 100 pour que cette affaire ne se fasse pas ». Et de se targuer, dans un exercice de « name-dropping », d’en avoir touché deux mots au président de la République en personne (on sait que Nicolas Sarkozy a passé, enfant, quelques vacances à Pontaillac, près de Royan), également au ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, qui lui aurait garanti que « ça ne se fera pas ». Un mot glissé aussi au Premier ministre François Fillon, dans l’avion qui les emmenait au Japon. Reçu par le député de Charente à l’Assemblée nationale, Henk Jonkman, directeur de 4Gas France, a été informé de ces avis émis depuis le sommet de l’Etat français. Avis étayé par Dominique Bussereau, président du Conseil général de Charente-Maritime, et secrétaire d’Etat chargé des Transports auprès de Jean-Louis Borloo. > « Une Pointe pour Tous » attend désormais un « veto gouvernemental ». Son secrétaire général, Philippe Lucet, a clairement fait comprendre qu’il attend que les paroles des parlementaires de la majorité gouvernementale (Quentin et Pintat) se transforment en actes. Un cabinet d’avocats international et un avocat français seraient sur le qui-vive, pour le compte de l’association, si l’Etat venait à donner le feu vert à 4Gas. Thierry Teneau a fait part à Xavier Pintat d’une demande de l’association : que les documents d’urbanisme - P.L.U. pour Le Verdon et S.C.O.T. pour la communauté de communes Pointe du Médoc* - soient des garde- fous l’intégration d’infrastructures industrielles à risque. Il coince même le maire de Soulac lorsqu’il affirme avoir consulté des documents préparatoires au S.C.O.T., datant de mars 2007, où figurait déjà un projet de port méthanier. Sous-entendu : les élus de la Pointe étaient peut-être au courant dès 2006, en tout cas avant que 4Gas ne rende public son projet. Exercice d’évitement de Xavier Pintat, qui n’a pas répondu à cette question. Philippe Lucet met également la pression sur la D.R.I.R.E. (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement) en notant que celle-ci est plus prompte à refuser le permis de construire au fonds d’investissement luxembourgeois Geovia (projet de création d’une plateforme logistique sur un terrain du PAB au Verdon) pour « un problème de rejet d’eaux pluviales dans le cadre de Natura 2000 », qu’à chercher des poux dans la tête d’un projet industriel classé Seveso 2 seuil haut. Selon lui, début 2007, avant que le débat public ne soit envisagé, « la D.R.I.R.E. était prête à instruire le dossier 4Gas » en demandant juste quelques aménagements. Sous-entendu, si une opposition organisée ne s’était pas manifestée, « Pegaz » serait passéecomme une lettre à la poste. > Didier Quentin, encore lui : « Il est assez rare que j’applaudisse Noël Mamère, il est assez rare que Henri Sabarot, président de la Fédération des chasseurs de la Gironde, et Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux, se retrouvent sur une pétition commune. Le fait qu’ils soient sur notre pétition veut bien dire que notre mouvement est consensuel. » Pétition où l’on retrouve aussi, entre autres, la Fédération française de naturisme et la Fédération française de surf. En revanche, peu ou pas d’élus médocains sur cette pétition, hormis le sénateur-maire UMP de Soulac-sur-mer Xavier Pintat, Henri Sabarot, maire de Carcans, et Serge Laporte, conseiller général PS et maire de Grayan-et-l’Hôpital. Les opposants au projet de 4Gas espèrent toujours que les maires de la presqu’île se positionnent pour ou contre et proposent à la communauté de communes Pointe du Médoc de se fendre d’une motion à ce sujet. « Une Pointe pour Tous », dont on se souvient qu’elle avait largement critiqué l’initiative du maire du Verdon Jacques Bidalun, n’hésite pas à utiliser comme argument le résultat de la consultation communale symbolique organisée le 13 avril dernier sur la question du terminal : 68 % des votants s’étaient déclarés opposés au projet… mais pour un taux de participation de seulement 59,5 %. > Xavier Pintat, pour sa part, n’a fait son apparition que lors de l’assemblée générale de « Une Pointe pour Tous », au Palais des congrès de Soulac, devant environ quatre cents participants (l’association revendique cinq mille adhérents). Si le bureau de l’association reste pour l’instant inchangé, le conseil d’administration a été élargi avec sept sièges attribués à des représentants de la rive droite de l’estuaire. D’ici la fin du mois de juin, 4Gas aura déposé sa demande d’autorisation d’exploiter et « estime que la construction pourrait débuter au premier semestre 2010, dans ce cas le terminal pourrait devenir opérationnel en 2013 », peut-on lire dans l’acte du 6 juin 2008 où la société néerlandaise précise les conditions de poursuite de « Pegaz ». Didier Quentin a beau dire que les chances sont quasi-nulles de voir les cuves de stockage de GNL (gaz naturel liquéfié) sortir de terre, reste toujours 1 % de chances. Alors, on a entendu quelques militants anti-terminal préconiser le plus tôt possible des actions coups de poing pour marquer les esprits. Jusqu’à présent, « Une Pointe pour Tous » semble tenir ses troupes. Jusqu’à présent. * P.L.U. : plan local d’urbanisme. S.C.O.T. : schéma de cohérence et d’organisation territoriale Lu 1176 fois
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