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Siège 382

Elue en juin dernier lors des élections législatives, Pascale Got est rapidement devenue une assidue de l'Assemblée nationale, où le JdM l'a suivie pendant deux jours.



Siège 382
A chaque député, son style. Elue en juin dernier dans la 5ème circonscription girondine, en déjouant tous les pronostics et en renversant la tendance du premier tour face à Jean-François Régère, le sortant, la socialiste Pascale Got n'a pas tardé à trouver le sien. On est dans le travail bien plus que dans le paraître, dans la simplicité plus que dans la sophistication. Assidue aux séances du mardi et du mercredi, ne refusant pas les séances nocturnes, elle en est, à ce jour, à huit questions posées par écrit au gouvernement, une intervention à la tribune, cinq au cours des réunions de commissions, trois cosignatures de propositions de lois.
Celle qui occupe le siège 382 de l'hémicycle est membre de la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire, « parce que c'est un domaine qui recoupe bon nombre de problématiques médocaines », et présidente du groupe « chasse » pour le PS. « Je ne suis pas là simplement pour passer », dit-elle, bien décidée à se construire un bilan qu'elle présentera aux électeurs médocains en 2012, envoyant au passage un message à tous ceux, y compris dans son propre camp, qui la voient comme une députée « par défaut », seulement élue en raison de la décision du PS de réserver la 5ème circonscription girondine à une femme, qui éliminait de fait le favori, le maire de Blanquefort Vincent Feltesse, de la course à l'Assemblée.

> Au restaurant de l'Assemblée nationale, qui domine les toits de Paris, entre deux gorgées de château Castera - Médoc, forcément Médoc… -, elle revient sur son parcours depuis son élection, dans un esprit étonnamment serein. Son passé de journaliste, même s'il fut relativement bref avant qu'elle n'entre dans les arcanes de la communication politique auprès de Pierre Brana, l'a sans doute préparée à garder un certain recul sur les hommes et les événements, à ne pas se faire éblouir par les ors et les fastes de la République. Certes, reconnaît-elle, « au début, on est un peu perdu et on arpente les couloirs un peu dans tous les sens, mais au bout de trois ou quatre voyages à Paris, on s'est à peu près repéré. Et si on peut se laisser impressionner par le décorum, il faut que ça dure le moins longtemps possible. » Et aussitôt, elle enchaîne en affirmant qu'elle n'a « pas d'inquiétude sur la gestion de [son] mandat ». Parce que le terrain, dit-elle, la ramène chaque semaine « à la réalité des choses ».
A l'Assemblée, elle a rapidement apprivoisé les lieux de passage incontournables. L'hémicycle, bien sûr, où bat le coeur de la démocratie parlementaire. La salle des quatre colonnes, grand vestibule situé juste à la sortie de l'hémicycle, où les députés, dès qu'ils sortent de séance, sont happés par les micros et les caméras de télévision, friands de la petite phrase qui fera mouche au journal du soir. La bibliothèque aux vénérables patines et au plafond en caissons peint par Delacroix. La buvette qui donne sur les jardins, interdite à tout non parlementaire, pour réserver un peu de tranquillité aux députés. Il y aussi le salon de coiffure, le bureau de poste, le bureau des voyages, indispensable pour attraper au dernier moment un TGV ou un avion, le bureau des chauffeurs, à la disposition des députés pour leurs déplacements dans la capitale ou en banlieue.

> Sur le côté est de l'Assemblée, une porte à tambour donne sur la rue Anatole-France. C'est là, dans un immeuble juste en face, que la députée du Médoc à son bureau, au troisième étage. « C'est l'étage des filles », sourit Pascale Got, qui a pour proches voisines les Girondines Michèle Delaunay et Martine Faure, ou encore la députée de la Guyane Christiane Taubira. Mais aussi Jack Lang, cherchez l'erreur… Le bureau lui-même est tout en longueur, équipé et meublé très sobrement. Deux tables avec leurs ordinateurs et fax, un pour elle, l'autre pour Daniel Boucau, son assistant parlementaire. Deux armoires de rangement. Un canapé convertible en cuir, dans lequel la députée dort quand elle passe deux ou trois jours consécutifs à Paris. Il ne manque qu'un cabinet de toilette. « Le matin, de bonne heure, précise Pascale Got, on peut se croiser au sous-sol, vers les douches. Ça fait un côté colonie de vacances qui est plutôt marrant… »
Autre lieu de passage obligé, le huitième bureau, tous les mercredis à 9 heures. C'est là que se réunit la commission économique des parlementaires socialistes. Et deux fois par semaine, dans une grande salle au sous-sol, le groupe parlementaire PS, généralement sous la conduite de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, prépare les questions orales au gouvernement. « Il faut savoir être patient, attendre son tour », explique Pascale Got. A raison de quatre ou cinq questions par séance et de 577 députés, les places au micro sont chères, d'autant que la procédure d'attribution de la parole répond à un règlement plutôt strict, une prime étant généralement donnée à l'assiduité.
Pour l'instant, elle ne s'est exprimée que sur un seul sujet, l'exonération fiscale des revenus étudiants. Mais son vrai baptême du feu aura lieu lors de la discussion budgétaire. A cette occasion, elle présentera pour le compte du Parti socialiste, l'analyse critique du budget du secrétariat d'Etat au Tourisme.

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