|
|
||
|
Rubriques
|
Spots d'hiverL'image du surf est liée à l'été et aux plages surpeuplées. Ils sont pourtant nombreux à braver le froid de l'hiver pour profiter de conditions de glisse très favorables. Rencontre avec des mordus à Lacanau et à Montalivet.
Si elle n'est pas à l'eau, ce vendredi 1er février au matin, ce n'est pas la température qui la rebute. Personne n'est à l'eau, d'ailleurs, et pour cause : un fort vent de sud sud-ouest, avec des rafales de plus de 35 nœuds, donne au spot canaulais des allures de lessiveuse, avec de nombreux pics et une houle complètement désordonnée. « C'est vraiment pas surfable, regrette la jeune femme en observant l'océan depuis la Maison de la glisse de Lacanau, son camp de base habituel.
On veut bien la croire car pour Aurélie Jonot, le surf est tout sauf une affaire de bronzette et de bikini. A 23 ans, la sociétaire du LSC (Lacanau Surf Club) est une excellente compétitrice, qui pointe dans les quinze meilleures surfeuses françaises. C'est d'abord et avant tout pour conserver la condition physique et garder les sensations de glisse en vue des compétitions estivales qu'elle monte sur sa planche toute l'année, presque sans interruption. Elle avoue même que, depuis ses débuts en surf, il y a douze ans, elle n'a jamais arrêté de surfer plus de quinze jours de suite ! Ce qui veut dire des sorties dans des conditions extrêmement limites comme ce jour de décembre 2007 où, à 8 heures du matin, avec une eau à 11 degrés et un air extérieur à peine positif, elle a dû marcher sur une plage verglacée pour aller à l'eau... La brume vient aussi compléter le tableau. Parfois jusqu'à rendre quasi invisible la forme et de la taille des vagues. « On apprécie mal les séries et, une fois à l'eau, on ne voit même plus la plage », s'amuse-t-elle, pour bien faire comprendre dans quelles conditions se passent certaines sessions d'hiver. > Mais attention, prévient-elle, ce n'est pas sans risque, car l'eau froide pompe beaucoup d'énergie. Avant d'aller à l'eau, il est préférable d'avoir une bonne condition physique. Pour la championne canaulaise, la question ne se pose pas : natation, vélo, squash, tennis et tout dernièrement pirogue sont au menu quand elle ne surfe pas. Un emploi du temps d'athlète complet, prêt à supporter plus de deux heures de surf dans un milieu plutôt difficile. Une heure de surf en hiver, ça vaut largement deux heures en été, précise-t-elle pour situer la difficulté de se jeter à l'eau à cette période de l'année. En ajoutant qu'il y a aussi d'énormes avantages à surfer entre fin décembre et fin février. Les dépressions successives qui naissent au large de l'Islande créent une forte houle, qui donne des vagues puissantes, donc plus intéressantes à surfer. Pour peu que vent vienne de terre, le plan d'eau devient comme un miroir, « glassy » disent les spécialistes, et l'on a alors les conditions idéales pour surfer. Ce qui est rarement le cas en été, où la machine à vagues tombe souvent en panne. Au grand dam des organisateurs du Lacanau Pro régulièrement confrontés à ce problème. « En plus, en hiver, il y a moins de monde à l'eau, donc pas de problème d'interférences, pas de bagarre pour prendre les bonnes vagues et une grande convivialité règne entre tous les courageux qui ont osé bravé le froid », explique Aurélie, qui n'hésite pas à faire de fréquents allers-retours entre Lacanau-océan, où elle habite, et Le Porge, où elle exerce la profession d'éducatrice sportive. « J'ai mes informateurs sur place, dit-elle, et je reviens vite surfer à Lacanau quand les conditions sont bonnes, en compagnie d'autres acharnés comme moi. » Ils sont comme ça, les mordus du surf d'hiver, prêts à consentir beaucoup de sacrifices pour profiter à plein des bonnes conditions de glisse. > Comme Lionel et Eric, deux habitués que l'on retrouve en train de récupérer devant une bonne tasse de chocolat chaud au bar du coin. Normal, levés à sept heures, ils sont à l'eau depuis huit heures du matin, et en dépit de leurs nouvelles combinaisons en matériau beaucoup plus isolant, ils sont sortis « congelés » après deux heures dans l'eau. « On a pris une matinée de congés dès qu'on a su que le spot était « calé », précise Lionel, installé à Lacanau, par choix de vie, depuis quelques années. Pour les deux compères, la scène se répète souvent, puisqu'ils avouent sortir au moins deux fois par semaine. La température n'est jamais une excuse. Seule compte la qualité du spot. Ce qui est également le cas de Pierrot Gaudera, un ancien maître-nageur-sauveteur, ami d'Aurélie, qui l'accompagne souvent dans ses sorties hivernales. « J'habite en face du spot de Lacanau-océan, aux premières loges pour savoir quand les conditions sont bonnes. On surfe souvent ensemble mais, contrairement à elle, je suis pas surfeur de compétition. Je veux simplement entretenir ma condition et, surtout, ne pas laisser passer d'aussi bonnes conditions de surf ! » Indispensable préparation pour Aurélie, pur plaisir pour Pierrot, Lionel et Eric. Sur l'eau, en hiver, on trouve surtout de vrais passionnés, qui ne manqueraient pour rien au monde un spot au sommet de sa forme. Lu 1377 fois
Dans la même rubrique :
|1| >> A la une | Le dessin | L'événement | Politique | Sports | A suivre… | Associations | Patrimoine | Arts et spectacles | Vie locale | Faits divers | Environnement | Pays Médoc | Mémoire | CdC | Enseignement |
|
|
Le Journal du Médoc - 2007
BP 2 - 33112 Saint-Laurent-Médoc - France +33 (0)5 57 75 14 00 |
||

Actualité
A la une
