Le journal du Médoc
Samedi 19 Juillet 2008
21:20
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Touchée mais pas coulée

Clopin-clopant, la communauté de communes Les Lacs Médocains revient à ses statuts de décembre 2002, faute d'accord entre les trois maires au sujet de l'ex-CFM.



Une réunion où la tension était palpable.
Mercredi 29 juin, le climat était tendu lorsque les délégués des trois communes de la communauté de communes (CdC) Les Lacs Médocains se sont installés dans la salle du conseil municipal d'Hourtin. Et si les premiers dossiers inscrits à l'ordre du jour n'ont appelé aucun commentaire notable, c'est dans un climat encore plus électrique qu'a été abordée la proposition de modification des statuts de la CdC.

> En préambule, Henri Sabarot, maire de Carcans, a souhaité rappeler si besoin en était l'importance du vote de ces statuts : « Je veux être très clair. Le problème du CFM (centre de formation maritime) a un impact fort. Il faut arrêter ce numéro de pitre et de pantalonnade pour pouvoir découvrir un projet de port sur un lac qui est commun à nos deux communes. D'autant que beaucoup de nos questions, nombre d'anneaux, fonctionnement, utilisation, sont restées longtemps sans réponses. » Bref, Henri Sabarot souhaite « pouvoir bénéficier de plus d'informations sur le sujet, autres que celles découvertes sur le dépliant ». Et de reprocher aux porteurs du projet « de vouloir en cacher l'élément fort ». Il se refuse de porter avec la CdC le chapeau de l'échec d'un projet « mené dans la plus grande obscurité, avec une mauvaise stratégie ». En conclusion, le maire de Carcans a interpellé l'assistance : « Quid de l'esprit communautaire, de la concertation qui nous auraient évité de vivre de sous entendus ? »

> Cible de ces reproches, le maire d'Hourtin Jean-Jacques Clavet s'est fait explicite. « D'accord pour ouvrir la concertation, a-t-il dit, mais pas en cours de négociations ». Concernant les inquiétudes pour l'environnement, il a rappelé que le projet bénéficie du label HQE (haute qualité environnementale).
« Le conseil municipal est régulièrement informé, a-t-il poursuivi. Il y a un dossier à faire avancer, nous le faisons avancer. Le rôle de la CdC n'est pas d'écarter les projets. Nous nous sentons contrés. Le site sera communautaire, à terme. »
Ces propos n'ont pas laissé indifférent Jean-Michel David, président de la CdC et maire de Lacanau. Calmement, il a regretté quelques « tacles par presse interposée » et, faisant de l'avenir de l'ex-CFM un point fort, a fait référence « aux statuts dans le cadre des études des enjeux sur le développement économique des sites en voie de reconversion. Un texte qui demande un engagement fort clair et précis. Nous aurions souhaité un minimum d'informations sur un projet que nous pensions communautaire et pouvoir porter ensemble, sans attendre la parution d'une plaquette touristique et une réunion du 6 juin (2005). Invitée de dernière minute au comité de pilotage, la CdC, n'ayant pas d'informations, ne pouvait donner un avis. Il reste beaucoup de questions sans réponses face à la volonté affichée du maire d'Hourtin et de son conseil municipal de traiter ce problème entre Hourtinais, sans doute par peur que la CdC perturbe le projet ». Un avertissement pour la route : « En cas d'échec (sous-entendu dans la reconversion du CFM), il sera difficile de l'imputer à la CdC. »

> Campant sur ses positions, Jean-Jacques Clavet a rappelé que la DIREN (Direction régionale de l'environnement) avait validé le projet et que pour l'instant seule la commune d'Hourtin est engagée financièrement. « Ce projet est capital pour Hourtin et mérite une certaine confiden-
tialité », a-t-il ajouté, regrettant une suspicion, à son avis « illégitime », confirmant ensuite avoir
« fait le choix d'une voie qui réussira ».
À l'heure tant attendue des délibérations, Jean-Jacques Clavet, quatre délégués d'Hourtin et Patrick Aubourg, tout nouveau délégué de Lacanau déjà en bisbille avec le maire de Lacanau, ont voté contre les nouveaux statuts. Résultat, la CdC existe toujours mais revient à ses statuts de création, en 2002, qui ne mentionne rien au sujet du développement économique de la collectivité. Ce qui constitue un très lourd handicap. Pour justifier son vote, le premier magistrat d'Hourtin rappelle que, la CdC lui ayant refusé une délégation de compétence, il a dû engager sa commune vers la création d'une ZAC (zone d'aménagement concerté) en régie. Décision qui en conseil municipal (lundi 27 juin) n'a pas fait l'unanimité, ni même la majorité, puisque la délibération est passée grâce à la voix prépondérante du maire face à un vote de sept voix pour, sept contre et une abstention.

> Conformément à la loi, la CdC dispose encore d'une année pour accorder ses violons au sujet de ses statuts. Mais on imagine aisément que Carcans et Lacanau songent à des solutions de repli. Rejoindre une autre CdC ? Les pronostics sont ouverts. Pour l'instant, la CdC est condamnée à fonctionner jusqu'à fin 2006, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la période de lissage de la taxe professionnelle unique. De son côté, si l'État n'est pas davantage en faveur d'un projet communal que d'un projet intercommunal, il pourrait parfaitement ouvrir la porte à d'autres investisseurs sur le principe du plus offrant compte tenu de la mise à prix du site.

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