|
|
||
|
Rubriques
|
Tous pour NihousAllain Bougrain-Dubourg absent, Frédéric Nihous, ex-candidat C.P.N.T. aux présidentielles, était, cette année, la vedette du 1er mai à la pointe du Médoc.
La pluie est la meilleure alliée des forces de l'ordre. Mieux qu'un bataillon de CRS, mieux qu'une escouade de gendarmes, c'est encore la bonne vieille flotte tombant en rideau qui dissuade le chasseur médocain de venir battre la campagne le 1er mai en Médoc. Le rendez-vous était pourtant fixé à 8 heures, à Port de Goulée. Maître de cérémonie, Jean-Francis Séguy, candidat C.P.N.T. aux législatives dans la 5ème circonscription. En installant ses banderoles sur le site, une demi-heure avant, le candidat se sent un peu seul. Par téléphone, ils sont plusieurs, qui auraient dû être là, à se défiler poliment. Le chasseur craint l'humidité. Un p'tit coin de paradis comme Goulée vaut pourtant bien un p'tit coin de parapluie.
De plus, Allain Bougrain-Dubourg, l'ennemi de toujours, a fait savoir que, lui aussi, n'honorerait pas le face-à-face traditionnel du jour du muguet à la pointe du Médoc. La pluie. Pas de Bougrain. Un 1er mai comme les autres, finalement, gai comme un tiers provisionnel. Mais C.P.N.T. a de la ressource. La star, cette année, s'appelle Frédéric Nihous. Un grand gaillard sympa et discret, taillé en troisième ligne de rugby, Nordiste implanté en Béarn, devenu en quelques semaines aussi connu que Nicolas ou Ségolène par la magie de sa candidature à la présidence de la République. > Certes, il n'a obtenu que 1,15 % des voix en défendant les idées de la ruralité, mais il a réussi à donner une nouvelle image du parti des chasseurs. Et ce n'est pas le moindre de ses mérites. Quand il arrive à Goulée, escorté du conseiller général Francis Magenties ou du délégué départemental Eddie Puyjalon, il hume d'abord l'atmosphère de la halte nautique, où les voiliers dorment tranquillement, à marée basse, la quille plantée dans la vase. La presse l'attend aussi, sans doute moins nombreuse que les autres années, frustrée par avance des images traditionnelles de la joute verbale entre Bougrain et les chasseurs. Sa présence en Médoc, le jour du 1er mai, c'est « un symbole », évidemment. C'est « une remise en jambes avant le combat des législatives ». Sa campagne électorale ? Un marathon et une déception, « qu'il ait manqué 60.000 voix pour faire mieux que les Verts. » Sa consigne de vote pour le second tour ? Rien de particulier, mais se souvenir que l'un des candidats – à l'électeur de trouver lequel ou laquelle – est soutenu par « l'écologie punitive » des Verts. Séguy approuve cet appel déguisé à soutenir Sarkozy. Magenties, sociologiquement à gauche, tord davantage le nez, trouvant que l'ex-candidat à l'Elysée ne devrait pas aller si loin. Ça n'empêche pas le conseiller général de faire déplacer les quelque cinquante sympathisants venus braver la météo de se déplacer vers sa permanence, une ancienne cabane de pêche au bout du port, où le café attend tout le monde. L'heure est à la détente. Francis Magenties présente à « Fred » quelques-uns des maires médocains qui ont parrainé sa candidature, Michel Bibey, maire de Vendays-Montalivet étant le premier arrivé. « Ça manque de charme, plaisante-t-il. Bougrain ne vient plus. Y a plus d'écolos. Vingt-et-un à Vendays, c'est pas beaucoup. Les vrais écolos, c'est nous. On ne fait pas que parler de la nature, on agit. » > Flanqué de son adjoint, le commandant Pascal Garerès, patron de la compagnie de gendarmerie du Médoc, arrive lui aussi pour le café. Sur le pont de bonne heure, il confirme que le chasseur se fait rare autour des pylônes. A peine un coup de feu entendu du côté de Saint-Seurin-de-Cadourne. Les hommes en bleu évitent soigneusement les micros tendus par les reporters. Période de réserve républicaine oblige. A un journaliste qui s'étonne des bonnes relations entre pandores et chasseurs, Pascal Garerès, gendarme et rugbyman, rétorque : « C'est comme au rugby, on se tape dessus pendant le match, mais on boit un coup ensemble après. » C'est l'heure aussi, pour les plus nostalgiques, des histoires de chasse, des souvenirs de l'époque où hôteliers et restaurateurs médocains, en trois semaines de tourterelle, faisaient l'équivalent en chiffre d'affaires de leur saison estivale. Vers 10 heures, on sent bien que la pluie ne tardera pas à transpercer les parkas et treillis de ceux qui n'ont pas pu trouver refuge dans la cabane de Francis Magenties. Alors, en préambule à la dispersion, Frédéric Nihous reprend la parole, pour dire tout le plaisir qu'il a d'être en Médoc. Jean-Francis Séguy reprend la main électorale, en rappelant que la France pourrait prendre des dérogations en matière de chasses traditionnelles et que seuls des députés C.P.N.T. pourront faire pression en ce sens. Eddie Puyjalon conclut que « la seule chose qui compte, c'est le poids électoral ». > On se disperse alors. On émigre vers Port de By, histoire de voir ce qui se passe. Puis c'est le retour à Goulée, pour le repas auquel se joignent d'autres maires, Jean-Brice Henry, Gilles Faugerolles, Sylvie Moriau. « Fred » et son épouse, la blonde Séverine, découvrent l'alose, rient de bon coeur aux facéties de Philippe Picot, éternel boute-en-train des repas de chasse et repartent avec une bouteille de médoc 1967, l'année de naissance du « grand ». C'est promis. Il reviendra en Médoc, pour une nuit à la tonne. Lu 607 fois
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|1| >> Actualité | Economie | Découverte | Bacs | Cinémas | Météo | Nous contacter |
|
|
Le Journal du Médoc - 2007
BP 2 - 33112 Saint-Laurent-Médoc - France +33 (0)5 57 75 14 00 |
||

Actualité
A la une