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Tué sur le pas de sa porteVendredi 18 novembre, le corps sans vie de Christian Renaud (68 ans) a été retrouvé lardé de coups de couteau sur le seuil de la porte d'entrée de son domicile, à Salaunes. L'enquête de gendarmerie est en cours.
Il était natif de Pessac, installé à Salaunes depuis une quinzaine d'années. Christian Renaud (68 ans) a été retrouvé mort sur le seuil de la porte d'entrée de son domicile, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 novembre dernier. Il vivait dans un petit quartier situé derrière l'ancien restaurant-trattoria-pizzeria « l'Etna ». Un pâté de maisons coincé entre la RN 215 et la forêt domaniale, un cul-de-sac séparé du centre bourg de la commune par la route nationale. Christian Renaud vivait seul, bénéficiant de toute évidence d'une retraite modeste, dans un studio indépendant situé derrière la maison, en lisière de forêt, de Jean-Louis Beteille (87 ans), dont il était le locataire.
Etudiant à Bordeaux, le petit-fils de l'octogénaire était rentré ce soir-là aux alentours de minuit chez son grand-père, où il réside. Il n'a d'abord rien constaté d'anormal. Ce n'est qu'en se relevant dans la nuit pour aller aux toilettes, peu avant 2 heures du matin, qu'il aperçoit, par la fenêtre de la salle de bain, de la lumière chez Christian Renaud. Immédiatement après, il découvre le corps inerte étendu sur le dos, sur le seuil de sa porte restée ouverte. > Le jeune homme prévient son père, Alain Gravey, qui réside à deux pas de là, et compose le 17 sur son téléphone. Son appel aboutit au central téléphonique de la gendarmerie à Bordeaux. Au bout du fil, son interlocuteur lui demande de s'approcher pour prendre le pouls de Christian Renaud gisant dans une mare de sang. Il s'exécute et ne peut que constater le décès du retraité. Arrivés dès 1 h 50, les gendarmes de la brigade territoriale de Castelnau-de-Médoc mettent en place le « gel de lieux », de manière à laisser la scène du crime intacte avant l'arrivée des techniciens en investigation criminelle. Ces derniers se chargent de recueillir les indices, qu'ils soient d'origine humaine (les traces d'ADN) ou matérielle. La piste de l'homicide est très vite retenue. D'après le colonel Manin, de la section de recherches de Bordeaux, la mort remonterait « plutôt au jeudi soir ». Une autopsie du corps a été pratiquée à l'Institut médico-légal de Bordeaux. D'où il ressort que la victime a reçu plusieurs coups, sans doute portés avec une arme blanche. En l'absence de témoin direct, il s'agit pour les gendarmes de reconstituer les circonstances de ce drame, d'en déterminer le mobile, et avant tout de confondre le ou les auteurs du crime. Quant à l'objet contondant avec lequel la victime aurait également été frappée, il n'aurait pas été trouvé par les enquêteurs à l'heure où nous mettons sous presse. Comme d'habitude en pareil cas, les gendarmes ne négligent aucune hypothèse, notamment celle d'une barre métallique, peut-être un pic de chantier (des travaux sont actuellement en cours non loin de là). > Les différentes auditions parmi l'entourage familial (notamment son ex-femme) et amical de Christian Renaud, ainsi que l'enquête de voisinage pratiquées par les enquêteurs, ont permis d'apprendre que ce retraité – il fut notamment chauffeur poids lourd pour l'entreprise Decons du Pian-Médoc – était divorcé, père d'un fils qu'il voyait, semble-t-il, régulièrement. Son penchant pour le tiercé fait que l'enquête dirigée par le major Brau ne néglige évidemment pas d'investiguer dans le milieu turfiste. Pour le reste, « il faisait pratiquement partie de la famille de son propriétaire », explique le colonel Manin. Ce que confirme Alain Gravey, expliquant qu'il l'invitait souvent « le dimanche pour jouer à la belote ». C'était un homme discret, qui ne participait pas à la vie – associative, par exemple – de la commune où il habitait depuis une dizaine d'années. Il est vrai qu'une récente opération d'un cancer du larynx le tenait peut-être un peu à l'écart. Il portait une canule à la gorge. Ce détail a son importance, car ainsi affaibli, il était dans l'incapacité d'appeler à l'aide son voisinage en cas de malaise ou d'agression. Compte tenu de la configuration des lieux où s'est déroulé l'homicide, c'est-à-dire un logement excentré attenant à une maison principale, les enquêteurs imaginent difficilement qu'il puisse s'agir d'un acte fortuit commis par un rôdeur ou un cambrioleur opportuniste parfaitement inconnu de Christian Renaud. Vengeance, règlement de comptes, querelle qui a dégénéré ? Aucune information ne filtre pour l'instant de la part du parquet et des investigateurs. Mercredi 23 novembre, les gendarmes ont perquisitionné le domicile d'Alain Gravey. Lequel a expliqué le même jour que son fils a mal vécu le fait d'avoir été confronté pour la première fois à une personne décédée de mort violente. Il bénéficierait d'un soutien psychologique depuis cette découverte. Lu 2577 fois
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