Un Médocain à Pékin

Le jeune nageur Castelnaudais défendra les couleurs de la France aux Jeux paralympiques
de Pékin.



Un Médocain à Pékin
Samedi 21 juin, 18 heures, le rêve de Yann Nouard est en passe de se concrétiser. Il vient d’apprendre sur le site internet de la Fédération française handisport qu’il est sélectionné pour le «100 m dos » des Jeux paralympiques de Pékin. Le nom du jeune nageur castelnaudais apparaît bien, en bonne et due forme, dans la liste des nageurs français qualifiés pour les prochains Jeux paralympiques, qui se dérouleront après les Jeux olympiques sur les mêmes sites, du 6 au 17 septembre. Même s’il figurait parmi les favoris pour l’une des cinq places que convoitaient également neuf autres présélectionnés (voir JdM du 13 avril 2007), l’officialisation de sa sélection le comble évidemment de joie. C’est au CREPS (centre régional d’éducation physique et sportive) de Talence, où il s’est installé et où il peaufine quotidiennement sa préparation, que nous l’avons rencontré.

Journal du Médoc : Quels sentiments éprouvez-vous à l’annonce de votre sélection ?
Yann Nouard : Un grand bonheur, et un grand soulagement, car je m’étais beaucoup investi pour aller à ces jeux .

JdM : Comment vous êtes- vous préparé à l’échéance olympique ?
Y.N. : En début de saison, je nageais deux fois par jour, 7 km le matin et 6 km le soir, uniquement en dos. Depuis quatre à cinq mois, je fais énormément de musculation et je nage tous les jours de 5 à 6 km dans toutes les nages (il est également recordman de France du 400 nage libre en 5 mn 08 s, NDLR).

JdM : Comment vous situez-vous par rapport à vos adversaires et quelles sont vos ambitions aux jeux ?
Y.N. : Mon meilleur temps sur 100 m dos, qui est de 1 mn 16 s 85 c (record de France), est très loin de celui des deux meilleurs engagés, qui sont respectivement à
1 mn 09 s et 1 mn 11 s. Si la victoire semble inaccessible, je vise par contre une place en finale, avec un record de France à la clef.

JdM : Quels points spécifiques travaillez-vous actuellement ?
Y.N. : Avec mon entraîneur, Bruno Ré, on met l’accent sur la musculation pour gagner en puissance de bras (compte tenu de son handicap, Yann Nouard nage essentiellement avec les bras, NDLR) sans oublier, bien sûr, la technique spécifique de nage.

JdM : Votre mental, qu’on sait très fort, sera-t-il aussi un de vos atouts ?
Y.N. : Je viens de tellement loin que c’est un rêve qui se réalise, donc une motivation énorme pour bien figurer aux Jeux. Mon expérience du haut niveau depuis trois ans, aussi bien en Europe que dans le monde, me donne aussi beaucoup de confiance.

JdM: Le fait que la France soit traditionnellement une nation forte en natation paralympique n’est-il pas un atout supplémentaire ?
Y.N. : L’exemple de la nageuse hémiplégique française Béatrice Hess, championne olympique à Sydney et Athènes, donne à tous les nageurs français une raison supplémentaire de se dépasser.

Son entraîneur Bruno Ré, qui lui fait avaler des séries comme n’importe quel valide, le voit bien rentrer en finale : « Il sera beaucoup plus compétitif en 2012 à Londres, mais avec sa force mentale hors norme et la préparation qu’il a suivie ces derniers temps, il est capable de se surpasser dès cette année ».
Devenir le premier sportif médocain présent dans une finale olympique sera aussi un sacré challenge pour le Castelnaudais Yann Nouard.

Un nageur de combat

Yann Nouard, jeune sportif de 22 ans, est atteint d’une malformation des fémurs, appelée dysplasie fémorale bilatérale, qui l’a empêchée de réaliser son rêve de devenir un jour footballeur professionnel. Cependant, son handicap va lui ouvrir les portes d’un autre sport, la natation de compétition. Le déclic se produit à l’âge de 12 ans, quand il se jette à l’eau pour le plaisir à la piscine de l’Institut d’éducation motrice d’Eysines. Rapidement, il montre des talents de nageur exceptionnels, au point de devenir recordman de France handisport au 100 mètres dos et au relais 4 x 50 mètres. Pourtant la vie n’a pas toujours été facile pour Yann. Après le décès de sa mère en 2004, il rejoint son oncle et sa tante à Castelnau-de-Médoc et intègre le Bordeaux Etudiants Club, où il nage tous les jours de 17 heures à
19 heures depuis deux ans. Résultat : les records de France tombent à la pelle, au point que notre champion vise désormais une place de finaliste aux Jeux paralympiques de Pékin, où sa motivation et sa force mentale seront des atouts non négligeables.

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22/01/2009 - Le Journal du Médoc

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