Le journal du Médoc
Samedi 19 Juillet 2008
21:26

Un centre de tri performant

En fonctionnement depuis début 2004, le centre de tri du Smicotom a été officiellement inauguré.



Un centre de tri performant
Des tables de tri impeccables, des monceaux de papiers qui attendent leur tour, des compressions de bouteilles plastiques et de cannettes métalliques en ordre de bataille à l'extérieur : lundi 19 septembre, le centre de tri du Smicotom (Syndicat mixte intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères) s'était mis sur son trente et un à l'occasion de son inauguration officielle. Le site a déjà fait ses preuves puisqu'il fonctionne depuis début 2004, après deux années de travaux. Chevauchant son cheval de bataille du « développement durable », le président du Conseil général, Philippe Madrelle, avait fait le déplacement. De même que le sous-préfet de Lesparre-Médoc, René Partouche, Rodolphe Bocquet, délégué régional de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), ainsi qu'une bonne partie des maires des trente-trois communes desservies par le Smicotom.
> C'est devant ce parterre de personnalités que Bernard Amouroux, président du syndicat mixte, a rappelé avec fierté que « près de 10 millions d'euros (…) ont été investis en quatre années par notre syndicat dans la filière déchets. Dans le même temps, notre budget de fonctionnement a augmenté de plus de 70 % ». Un changement d'échelle qui a eu pour conséquence d'augmenter la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Une augmentation maîtrisée, selon le président, grâce à deux décisions. D'abord la redevance spéciale sur les déchets commerciaux, « fortement contestée lors de son instauration mais qui représente aujourd'hui près de 14 % de nos recettes, soit 1 million d'euros qui ne pèse pas sur la fiscalité des ménages médocains ». Ensuite, à partir de novembre 2003, la reprise en régie directe de la collecte pour un an, aux dépens de la société Onyx qui avait auparavant la jouissance de ce marché. Ce qui marqua le début de mouvements sociaux récurrents au sein du Smicotom, certains salariés étant plus que sceptiques au sujet de la pérennité de leurs emplois, ou digérant difficilement les conséquences financières de leur changement de statut.
En avril 2004, année du renouvellement de l'appel d'offres pour la collecte, le syndicat vote le principe de la création d'une Société d'économie mixte médocaine pour la gestion des déchets (Semmged), une structure de droit privé. Sans surprise, sur le principe du moins-disant, la SEM obtient le marché du ramassage des ordures. Outre une économie annuelle annoncée de 1,5 million d'euros – par rapport à ce que proposaient les deux autres candidats de l'appel d'offres –, cette solution permet au Smicotom de conserver le contrôle de la Semmged et la direction de son conseil d'administration.

> S'il ne l'a pas clairement exprimé, on aurait presque pu entendre un « ouf » de soulagement dans la prise de parole de Bernard Amouroux. Ce qu'il a en revanche clairement dit, c'est sa satisfaction de constater le résultat d'un travail engagé voici quinze ans par Michel Faure, ancien maire et conseiller général de Saint-Laurent-Médoc et ancien président du syndicat. Ceci au prix d'inévitables embûches, comme « la mise en conformité du centre de stockage des déchets ultimes de Naujac », alors que « l'ensemble des administrations nous orientaient vers une hypothétique usine d'incinération sur le bassin d'Arcachon ».
Cette unité de compostage sortie de terre en 1990 n'était qu'une étape dans la filière de valorisation des déchets. Laquelle, grâce au centre de tri, est complète pour les quatre communautés de communes membres du Smicotom*. Grâce à cette unité, 14 nouveaux postes ont été créés, portant à 40 emplois l'effectif du syndicat. Sans compter le renfort de saisonniers en été, période durant laquelle la population couverte par les services de la Semmged passe de 48.000 habitants à 150.000 personnes.
Au terme de son discours, Bernard Amouroux a rendu un hommage appuyé à Marc François, responsable administratif du Smicotom, et plus particulièrement à Maryse Pradet, la directrice « à poigne » de l'établissement. Les joues rosies de l'intéressée trahissent une petite gêne. Sourires complices, accolade, la bise.

* Il s'agit des communautés de communes Centre Médoc, Cœur de Médoc, Pointe du Médoc et Lacs Médocains.

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