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Un héritage toujours anéantiLa manifestation des sylviculteurs devait rassembler plus de 10.000 professionnels jeudi 3 février à Bordeaux.
Jean Seurin attend beaucoup de la manifestation des sylviculteurs ce jeudi 3 février à Bordeaux. Car il pose gravement la question : « Si les aides pour la reconstitution de la forêt n'arrivent pas, que va devenir le Médoc ? »
Naujacais, Jean Seurin, 73 ans, habite la maison où il est né, au lieu-dit « Lambroise ». Marié à une Naujacaise, Colette (une « Castaing », dit-il), ils sont parents de trois garçons et grands-parents de cinq petits-enfants. C'est en pensant à ses enfants et petits-enfants que Jean a toujours entretenu et agrandi la propriété familiale. Celle qu'il a hérité de ses parents d'abord, agrandie de la part apportée par son épouse lors du mariage. Dès sa petite enfance, il est élevé dans le culte de l'entretien de la forêt. « Sitôt le certificat d'études passé, raconte-t-il, j'ai appris le métier de résinier aux côtés de mon père. J'ai effectué ce travail pendant douze ans avait de devoir l'abandonner, pour des raisons de santé. Je suis alors entré à l'usine du Flamand à Saint-Isidore (lambris et parquets, NDLR). Et j'y ai travaillé jusqu'à l'âge de ma retraite. » > Mais lorsque l'on est propriétaire forestier, la journée de travail ne s'arrête pas passée la porte de l'entreprise. « J'entretenais la petite propriété héritée de mes parents, dit-il, et faisais même un peu de culture. Mais lorsque mon épouse Colette a hérité de ses parents une propriété forestière, les choses sont devenues plus sérieuses : ce sont trente hectares en mauvais état de semis et de gros bois qu'il m'a fallu entretenir. Cela occupait tous mes samedis, dimanches, jours fériés et autres congés. Et cela a coûté en investissement financier, également... » Décembre 1999 sera, pour lui comme pour tous les sylviculteurs médocains, le moment du drame, celui où tous les espoirs s'écroulent. En à peine une nuit, 50 des 75 hectares de pins de la famille Seurin sont à terre. Et lorsqu'il évoque la parcelle qu'ils possèdent au lieu-dit « Chéoutre », entièrement dévastée, c'est avec les larmes aux yeux. Car Jean est de la race de ceux qui, au-delà des avantages que peut apporter une telle propriété, ont un rapport affectif à leur terre, à leurs bois. Pour autant, il ne s'estime pas parmi les plus mal lotis. « Nous avons pu exploiter assez vite, dit-il, les chablis (pins couchés à terre) et les volis (pins cassés). Alors que d'autres, et notamment les propriétaires de moins de 10 hectares, qui n'ont pas été considérés comme dossiers prioritaires, ont attendu beaucoup plus longtemps… » Lu 938 fois
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