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Une promotion 100 % MédocLa promotion 2008 de la faculté d’œnologie de Bordeaux a reçu ses diplômes dans les chais du château Lynch-Bages, à Pauillac.
Jean-Michel Cazes était le maître de cérémonie de cette fête, remarquablement pensée et organisée par l'Association des œnologues de la faculté de Bordeaux, en étroite collaboration avec le château Lynch-Bages et l'équipe du café Lavinal.
Ils étaient trente-neuf étudiants, âgés de 22 à 48 ans, et tous sur leur trente-et-un, à grimper sur l'estrade, les yeux brillants d'émotion et de fierté, pour recevoir leur diplôme national d'œnologue, accompagné de cadeaux maison remis par Sylvie Cazes : un frontignan de Lynch-Bages 2001, le très beau livre de Mathilde Hulot et Franck Mulliez « Terres de vi-gnes » et le diplôme nominatif du château Lynch-Bages. Le tout sous les applaudissements des quelque deux cent cinquante invités, dont le doyen de la faculté d'œnologie de Bordeaux, le professeur Bernard Donèche, les professeurs de la faculté, de nombreux représentants de la filière viticole, les familles et parrains des jeunes promus… Pas de classement, mais quelques prix attribués par divers partenaires (chèques, cadeaux divers) à quelques étudiants remarqués pour l'innovation, la qualité de leur mémoire ou leurs notes en dégustation. > Toutefois, Jean-Michel Cazes a veillé à ce que soient honorés à égalité le major et le dernier de la promotion. Du jamais vu de mémoire de promotion. C'est ainsi que Franscisco Barona de la Fuentes 24 ans, originaire de Roa (Burgos), en Espagne, dont le mémoire « La co-inoculation : une piste vers la qualité ? » s'est attiré les faveurs du jury et qui souhaite faire du conseil, s'est vu remettre, dans un coffret en cuir rouge, un magnum de Lynch-Bages, en qualité de major. Surpris et très ému, Mathieu Juteau, originaire de Bordeaux, a reçu le même cadeau pour sa 39ème place au classement. Une façon, pour le parrain de la promotion, de dire combien il tient en estime la faculté d'œnologie de Bordeaux, l'enseignement et la formation qui y sont prodigués et sa confiance aux capacités personnelles de tous ces jeunes promus. Tous ont prêté, en chœur et avec ferveur, le serment de l'œnologue, avant l'incontournable photo de famille et la dégustation de vins prestigieux des huit appellations contrôlées du Médoc, pour accompagner le brunch dînatoire de Hugo Naon sur la place Desquet du hameau de Bages. > Mais qu'est-ce qui a bien pu pousser ces jeunes à s'orienter vers cette filière en plein chambardement ? Le diplôme national d'œnologue a été porté sur les fonts baptismaux en 1955 par deux éminents professeurs d'œnologie, Jean Ribéreau-Gayon et Emile Peynaud. Puis, saluant après le professeur Donèche le remarquable travail de l'éminent professeur-chercheur japonais Takatoshi Tominaga, récemment disparu, Jean-Michel Cazes soulignait : « En quelques décennies, le métier d'œnologue a beaucoup évolué. Rares autrefois, dans le vignoble, les œnologues sont partout maintenant. » Peu avant, il n'avait pas résisté à livrer à la curiosité de l'assemblée un extrait d'un recueil de pratiques œnologiques publiées par la bibliothèque de l'Echo Universel d'Agriculture, signées J.-F. Audibert, professeur d'œnologie. Des pratiques détaillées simplement et jugées nécessaires, dans les années 1870, crise du phylloxéra oblige. « Faire du Bordeaux ou du château Lafite, rien de plus facile, écrivait le docte professeur. Pour le premier, il suffit de se procurer et mélanger, dans des proportions données, du vin blanc de raisins secs, du vin rouge du Roussillon, une infusion de brou de noix et une infusion d'iris de Florence » et le tour est joué ! Ce qui a permis de mesurer le chemin parcouru par la science œnologique et de faire rire tout le public. > L'œnologue, aujourd’hui, c'est celui qui possède « la science du vin, qui cherche à en améliorer sans cesse la qualité », exerçant soit en production soit en œnologie conseil, ce qui suppose écoute, vigilance, patience, sens des responsabilités, réactivité. « Ce diplôme vient d'être élevé, après une dernière réforme difficilement négociée, devait signaler le professeur Donèche, au niveau des plus hautes formations universitaires françaises. » Puis s'appuyant sur l'exemple du château Lynch-Bages, il invitait les jeunes diplômés, à s'investir activement dans les structures syndicales et associatives pour perpétuer cette progression historique de l'oenologie, ajoutant à l'adresse des œnologues : « Par son travail, par ses capacités personnelles, chacun d'entre vous peut contribuer à la grandeur de l'ensemble. » Travailler dans un laboratoire faire du conseil, travailler en production en France ou à l'étranger, chaque œnologue de la promotion Lynch-Bages a son projet, qu'il soit Espagnol, Grec, Chypriote, Bulgare, Allemand, Coréen ou Français, mais il y a fort à parier qu'aucun ne suivra les conseils fantaisistes de J.-F. Audibert. Tous ont fait serment « de consacrer leurs compétences à la recherche d'une qualité du vin, qu'il soit grand cru classé ou modeste, et de ses produits dérivés, dans le respect de leurs authenticités, de leurs qualités organoleptiques et nutritionnelles. » Ils respecteront et appliqueront correctement les règlements et usages et n'hésiteront pas à éclairer de leurs conseils et de leur expérience les générations d'œnologues à venir. Tous garderont en mémoire, le souvenir de ce baptême - dira un professeur qui en a vu d'autres - en tous points exceptionnel : organisation, accueil, générosité. Lu 2454 fois
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Le Journal du Médoc - 2007
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