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Violence scolaire : les collèges médocains rassurenttiles précisions qui relativisent la publication, dans l'hebdomadaire « Le Point », des « chiffres secrets de la violence scolaire » où apparaissent les collèges de Castelnau et Pauillac.
Dans son édition du 31 août 2006, notre confrère « Le Point » bombe le torse en publiant un dossier révélant les résultats pour l'année scolaire 2005/2006 de la base de données Signa, censée répertorier pour l'Education nationale « les actes graves de violence survenus à l'école et ses abords ». Et ce dans l'ensemble des collèges et lycées publics. Parmi les « 97 collèges à problèmes » signalés dans l'enquête figure le collège Pierre-de-Belleyme, de Pauillac, inscrit dans le réseau d'éducation prioritaire. Il se classe même, puisqu'il s'agit d'une forme – discutable pour beaucoup – de palmarès, parmi les établissements où la centaine de signalements de faits violents est dépassée, soit 112, selon les informations du « Point ».
Mais à en croire Christian Niaussat, principal du collège pauillacais depuis la rentrée scolaire 2004, si Pierre-de-Belleyme pointe haut dans le classement, c'est qu'il est bon élève. Comprendre par là que « c'est une affaire de seuil de tolérance. Ici, il est faible », explique le principal. Autrement dit, à chaque fois qu'une sanction disciplinaire est prise à l'encontre d'un élève, celle-ci est indiquée sur Signa. Christian Niaussat ajoute que ce logiciel à usage interne « ne prend pas en compte la taille de l'établissement, alors que nous sommes l'un des plus gros collèges de Gironde (un « catégorie 4 » de 800 élèves, Ndlr). Et puis la procédure de signalement n'est pas assez précise. La gravité des faits est laissée à l'appréciation des équipes. » > Si le collège de Pauillac a un temps traîné derrière lui la mauvaise réputation – on y a vu des batailles rangées entre clans d'élèves –, « la situation est aujourd'hui paci-fiée », assure Corinne Druesne, conseillère principale d'éducation (le collège en compte trois). De fait, parmi l'ensemble des faits signalés sur Signa, très peu ont effectivement une qualification pénale (voir encadré). L'intérêt pour l'établissement est de pouvoir comparer chaque année l'évolution de la courbe des « infractions » relevées. Et d'affiner, d'adapter à chaque rentrée le règlement intérieur aux spécificités du collège ; un règlement qui se doit d'être précis (voir encadré). C'est aussi l'avis de Jean-Mary Nouveau, principal du collège Canterane de Castelnau-de-Médoc, un « catégorie 2 » de 570 élèves, également mentionné dans le dossier du « Point ». Sauf qu'une fois encore, le chiffre indiqué (49 faits « violents ») est faussé. « Normalement, on nous demande de signaler à chaque fois qu'il y a un fait grave, explique Jean-Mary Nouveau. Mais nous signalons en fait chaque altercation entre élèves, même s'il n'y a pas eu d'intervention de notre part. Par exemple l'an dernier, nous n'avons organisé, je crois, qu'un seul conseil de discipline… Et puis, les problèmes sont souvent causés par les mêmes élèves. Non, le souci aujourd'hui, c'est plutôt l'agression verbale des jeunes. Tout signaler nous permet de nous comparer à nous-même d'une année sur l'autre. Par exemple, nous sommes un établissement ouvert, sans clôture. Nous sommes vigilants sur les intrusions ; c'est un chiffre que l'on surveille. » Si le « Point » a réussi un dossier coup de poing, la question de la violence et de l'agressivité des élèves, entre eux ou à l'encontre du corps enseignant, reste un vaste champ d'investigation. Les chiffres de Signa constituent un indicateur, pas une photographie de la réalité. * A noter que le lycée Odilon-Redon de Pauillac n'apparaît pas dans les « 100 lycées à problèmes » cités par « Le Point ». La proviseure du lycée, Yvelyne Rebeyrotte, se refuse à tout commentaire à ce sujet. Lu 2063 fois
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